ICE défend ses projets pour Euronext sur le Vieux Continent
ICE plaide sa cause en Europe. Les dirigeants de la Bourse des dérivés américaine étaient à Paris en fin de semaine dernière, pour y rencontrer Rémy Rioux, le directeur de cabinet de Pierre Moscovici à Bercy, et promouvoir leur projet de rachat de Nyse Euronext - que Warren Buffett aurait aussi songé à racheter. Un projet qu’ils ont aussi détaillé ces derniers jours au collège des régulateurs de la Bourse transatlantique, à Gérard Rameix, président de l’AMF, ou encore à Jeroen Dijsselbloem, le ministre des Finances néerlandais. Jeffrey Sprecher, le patron d’ICE, devrait faire une nouvelle tournée en Europe fin février.
Le sort d’Euronext, qui recouvre le cash actions et certains dérivés en Europe continentale, est regardé de près par les autorités et les pouvoirs publics. ICE a répété son credo: il n’est pas vendeur à un tiers et privilégie toujours, à un horizon de 18 à 24 mois, une introduction en Bourse pour donner à Euronext les moyens d’être un «consolidateur» sur son marché. «Bercy s’est montré très attentif et décidé à se saisir du sujet», indique un proche du dossier.
ICE fait valoir d’autres arguments. Le groupe envisage de rapatrier à Paris les serveurs informatiques que Nyse Euronext avait déménagés à Londres il y a trois ans, et pourrait aussi fournir sa propre technologie à Euronext. Deuxième axe : le renforcement des activités de dérivés sur matières premières agricoles, aujourd’hui traités à Paris et à Amsterdam. Enfin, ICE estime qu’Euronext pourrait se doter avec son aide d’activités de compensation, notamment pour les CDS en euros, aujourd’hui chasse gardée de Londres. La question du post-marché est d’ailleurs celle qui ouvre le plus de scénarios, puisqu’elle touche à l’avenir d’Euroclear ou de Clearnet.
Pour faire à nouveau d’Euronext un enjeu de place, les promoteurs du projet défendent l’idée d’un noyau dur au tour de table de la structure. «Ce noyau dur, qui agrégerait les utilisateurs de la Bourse, pourrait prendre avant l’IPO autour de 15% à 20% du capital», plaide une source proche. Diverses sources estiment la valeur d’Euronext entre 1 et 1,5 milliard d’euros, selon des hypothèses pessimistes ou optimistes.
L’investissement unitaire des banques ou des assureurs qui s’associeraient serait donc raisonnable. Encore faut-il que ces acteurs changent complètement d’optique, après avoir laissé partir Euronext chez Nyse. Ou que les pouvoirs publics les y incitent.
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