« Hard Brexit » droit devant !
Le triomphe de Theresa May, qui croyait vendredi avoir fait avaler à son cabinet le schéma d’un Brexit « doux », aura été de courte durée.
Les démissions successives hier de deux figures de proue du Brexit au sein de son gouvernement, son négociateur en chef David Davis, et surtout son ministre des Affaires Etrangères Boris Johnson, rendent inévitables le grand affrontement longtemps différé au sein du Parti conservateur.
Face à ces deux démissions, le maintien dans son équipe d’autres « Brexiters » ne suffira pas. Les démissions vont imposer à chacun au sein des Tories de choisir son camp, au risque de faire exploser le parti. Même si son gouvernement survit dans un premier temps, les chances du Premier ministre de fédérer une majorité aux Communes à l’automne prochain semblent minuscules.
Car en l’état, le projet, sur le point d’être rendu public, ne satisfait pas grand monde, à Londres ou à Bruxelles. Non seulement parce qu’il demeure flou sur certains points sensibles. Mais aussi parce qu’il prévoit de demeurer dans l’union douanière s’agissant des biens mais réclame la « flexibilité réglementaire » dans les services.
Une distinction incompatible avec les règles de l’Union et qui ne règle en rien le fond du problème de l’Irlande du Nord.
Malgré les concessions qu’il contient, notamment sur l’acceptation partielle des jugements de la Cour de Justice européenne en matière commerciale, Bruxelles ne manquera pas de demander de nouveaux amendements. C’est ce que craignent les Brexiters résolus, probablement à raison si l’on en juge par la froideur des commentaires à Bruxelles.
Pendant ce temps, la pendule, inexorablement, égrène les secondes, amenuisant sans cesse les chances d’un accord négocié. 25 mois après le vote, la perspective d’un « hard Brexit » n’a jamais été plus sérieuse.
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