H2O AM se diversifie avec le fonds quantitatif Arctic Blue Capital
Le gérant H2O AM, adossé à Natixis, va prendre une participation majoritaire dans le fonds alternatif Arctic Blue Capital, a-t-il annoncé hier. Composé de trois personnes, dont son fondateur et dirigeant Jean-Jacques Duhot, ce petit hedge fund a été lancé en 2014 par Stable Asset Management avec 10 millions de dollars d’encours. Il en gère aujourd’hui 160 millions avec des modèles quantitatifs investis en matières premières.
«Nous adoptons une approche systématique, c’est-à-dire sans aucune décision humaine, en fonction d’une analyse de prix et de volatilité, explique Jean-Jacques Duhot. La durée de détention moyenne des actifs est de 10 à 15 semaines.»
Les fonds utilisant des modèles mathématiques pour suivre les tendances ont été la seule stratégie d’investissement à collecter en net l’an dernier. Malgré une faible performance, ils ont récolté 4,2 milliards de dollars sur les cinq premiers mois de 2017. Les hedge funds dans leur ensemble ont récolté 23,3 milliards de dollars sur la période contre une décollecte massive de 112 milliards en 2016.
Arctic Blue Capital a eu un rendement de -4,7% sur les quatre premiers mois de 2017 et de -3,6% en 2016, relève Bloomberg. Pour comparaison, l’indice SG Trend Index, qui calcule le rendement d’un groupe de dix fonds suivant des tendances, a perdu 2,1% sur les quatre premiers mois de l’année et 16% en 2016. Arctic Blue avait gagné 3,6% en 2015 et 10,2% en 2014. En 2015, il avait réalisé 248.732 livres de chiffre d’affaires (+117%) et 17.168 livres de résultat net (+174%), selon un document réglementaire. Ses fonds propres étaient de 73.757 livres fin 2015 (+31% par rapport à 2014).
H2O, composé de 45 personnes, utilise à l’inverse une stratégie qualitative sur des actions, des produits de change, de taux d’intérêt, et du crédit aux entreprises. «Toutes les décisions sont prises par des humains», précise Cyril Beriot, responsable de la relation clients.
Arctic Blue Capital bénéficiera de toutes les ressources de H2O, soit son back-office et son middle-office, l’accès à son équipe d’analyse quantitative de six personnes, à son département de risques et de conformité, et à sa distribution. Il espère séduire les investisseurs traditionnels de H2O souhaitant se diversifier. Cependant, «les deux offres seront complètement scindées et distinctes», insiste Cyril Beriot. «Il n’y a évidemment pas de systématique dans les produits de H2O, et inversement, pas de qualitatif dans les produits d’Arctic Blue».
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