En Italie, l’Etat poursuit ses cessions d’actifs sans vraiment les privatiser
La cession par l’Etat italien de Sace et Simest a été finalisée ce lundi 31 décembre comme le prévoyait le calendrier officiel. Le repreneur de ces sociétés publiques, la CDP (Cassa depositi e prestiti Spa), a annoncé avoir payé au ministère des finances, qui détenait 100% de Sace, le solde du paiement de la cession de ces actifs, soit 2,451 milliards d’euros dont 2,328 milliards pour la Sace et 123,16 millions pour Simest. Cette dernière, une société de promotion des entreprises italiennes à l’international, était contrôlée par le ministère du développement économique et ne sera détenue qu'à 76% par CDP, le reste du capital demeurant entre les mains de banques italiennes.
La transaction avait été initiée en août 2012. Un premier versement avait été effectué par CDP portant sur 60% des capitaux propres de l’assureur export Sace et du prestataire de services Simest. Lorsque le 28 décembre, le Ministère des finances, qui était conseillé par Société Générale Corporate & Investment Banking, a fait connaître par décret le prix définitif de chacun de ses actifs, 6,05 milliards d’euros pour Sace et 232,5 millions d’euros pour Simest, CDP a payé le reste du capital, explique Claudio D’Eletto , Banquier Conseil.
Dès le mois de juin, le gouvernement italien avait annoncé son intention de céder avant fin 2012 ses sociétés Sace, Simest et Fintecna (holding évaluée à environ 2,3 milliards d’euros), pour un montant total espéré d’environ 10 milliards d’euros. Cette somme permettra à l’Etat italien, confronté à la défiance des marchés, de réduire sa dette (120% du PIB) et de payer des fournisseurs privés. Il lui faudra toutefois attendre la finalisation de la vente de Fintecna à ce jour inachevée. Celle-ci est suspendue à une nouvelle évaluation de ce holding dont l’une des filiales, Fincantieri, a récemment acquis le coréen Stx OSV. Si ces cessions permettent à l’Etat italien d’alléger sa dette, elles ne font toutefois pas sortir les actifs cédés du secteur public. CDP est en effet détenue à hauteur de 70% par le Ministère des finances, mais n’est pas comptablement consolidée par l’Etat ce qui lui permet ainsi d’afficher une situation financière d’apparence plus flatteuse.
En juin, Rome avait laissé entendre qu’il pourrait céder d’autres participations dans le groupe pétrolier Eni, le géant de l'électricité Enel ou le groupe de défense et d’aéronautique Finmeccanica, selon les déclarations du vice-ministre de l’Economie Vittorio Grilli.
Plus d'articles du même thème
-
Portée par l'IA, la Chine a enregistré une forte hausse de ses exportations en mai
Les échanges commerciaux du pays ont accéléré le mois dernier malgré la guerre en Iran, grâce notamment aux produits de haute technologie et à l'automobile. -
EXCLUSIFMuzinich & Co lance un fonds de droit français sur la dette privée
Le gestionnaire d'actifs américain crée un véhicule evergreen accessible dans l'assurance-vie française à partir de 1.000 euros et sans période de détention minimale. Son portefeuille devrait comprendre une cinquantaine de prêts seniors garantis. -
OpenAI lance son projet d'introduction en Bourse
L'opération pourrait valoriser le spécialiste de l'intelligence artificielle près de 1.000 milliards de dollars. Elle ne devrait pas être lancée avant septembre. -
BlackRock lance à son tour un ETF arrimé à l’économie spatiale
Le gestionnaire réplique un indice Stoxx qui intègre un mécanisme d’entrée rapide des IPO en son sein. -
Le marché des prêts à effet de levier roule à plein régime
Portés par une liquidité abondante et un manque de nouvelles émissions, les investisseurs acceptent des marges toujours plus faibles pour financer des entreprises soutenues par les grands fonds de private equity. Un environnement qui permet aux emprunteurs de réduire leur coût de la dette, d'allonger leurs maturités et parfois même de distribuer du cash à leurs actionnaires. -
Valérie Baudson est nommée vice-présidente de Paris Europlace
Augustin de Romanet a par ailleurs été réélu à la présidence de l'association pour un nouveau mandat de quatre ans.
ETF à la Une
WisdomTree rejoint la course aux ETF spatiaux en Europe
- Derrière l’affaire Uzès Gestion, la délicate question de la direction de fait
- La stratégie d'investissement de détail européenne provoque une poussée de fièvre côté français
- L'allègement du reporting ESG divise à Bruxelles
- Greystar boucle le plus grand fonds résidentiel européen value-add
- RockFi s'appuie sur BlackRock pour démocratiser la personnalisation du conseil
Contenu de nos partenaires
-
HorizonPrésidentielle : la promesse intenable du candidat Attal
Le candidat Renaissance veut que la France redevienne la première puissance européenne en dix ans. Promesse volontariste, à ne pas prendre au pied de la lettre -
Sélection Gestion de Patrimoine - Dossier réalisé en partenariat avec Le ConservateurLe retour en force des enjeux civils
La cohérence entre dimensions civiles, fiscales et économiques devient aujourd’hui indispensable pour sécuriser durablement les patrimoines familiaux, selon Blandine Prouvost, directrice de l’ingénierie patrimoniale au sein du Conservateur, et Antoine Herlin, avocat fiscaliste -
Game changerRoyaume-Uni : le débat sur une refonte du système électoral fait son chemin
En campagne pour l’élection partielle de Makerfield et la succession de Keir Starmer, le travailliste Andy Burnham prône le passage à la proportionnelle pour les élections législatives