Crises de la dette : Grèce, Porto Rico, même combat ?
Toute l’attention des investisseurs se porte aujourd’hui sur la Grèce, d’autant plus après le référendum de dimanche. Mais elle n’est pas le seul pays à connaître actuellement une crise de la dette. De l’autre côté de l’Atlantique, Porto Rico est en effet proche de la faillite, et si les situations de la Grèce et de l’île caribéenne ne sont pas en tous points comparables, des similitudes prêtent à réfléchir.
A l’origine de l’expansion de l’économie portoricaine, on trouve sans aucun doute un régime fiscal très avantageux qui accorde des crédits d’impôt aux investissements américains dans l’île et lui permettent de créer de zéro une florissante industrie chimique et pétrochimique. Depuis 2006, où ce régime fiscal a été supprimé, le pays combine baisse des recettes fiscales et hausse des dépenses pour pallier la désindustrialisation. Parallèlement, en Grèce, c’est notamment une politique monétaire extrêmement accommodante, celle de la BCE, qui a favorisé l’expansion de l’économie grecque par la dette. C’est donc dans les deux cas, une politique économique «subie» qui a d’abord artificiellement accéléré la croissance économique, puis précipité une crise de financement, les réformes structurelles nécessaires n’ayant pas été opérées pendant les années fastes.
L’une des particularités de Porto Rico réside dans le fait que l’île n’est ni un Etat des Etats-Unis ni un Etat souverain. De ce fait, elle ne peut ni se mettre sous la protection du Chapitre 9 de la loi sur les faillites, ni faire appel au FMI. Aujourd’hui, après le référendum, la Grèce semble s’être mise dans la même situation: contrainte à ce que ses créanciers acceptent de se mettre autour d’une table pour restructurer leur dette.
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