Convictions AM se recentre sur ses fondamentaux pour rebondir
Après un printemps et un été pourris, Convictions AM a décidé de réagir. La société de gestion fondée et présidée depuis 2008 par Philippe Delienne, et dont NextAM (La Française) détient 30% du capital, va revenir à la stratégie qui était la sienne avant 2011. Son fonds amiral Convictions Premium, ainsi qu’un deuxième fonds, Europactive, seront à nouveau investis largement en OPCVM. La société attend encore l’autorisation de l’AMF.
Jusqu’en 2011, Convictions privilégiait une gestion mixte entre OPCVM et titres vifs, avec comme objectif une performance asymétrique par rapport à celle du marché afin de prendre 20% à 30% des baisses mais 40% à 50% des hausses. Changement il y a deux ans: à la demande d’investisseurs institutionnels et de sélectionneurs de fonds, la société décide de limiter à 10% la part d’OPCVM dans ses fonds, conformément aux règles d’Ucits 4. Elle se concentre sur la gestion de titres vifs. Sa politique de couverture des risques, basée sur l’utilisation d’options proches de la monnaie, devient également plus complexe.
Rétrospectivement, ce choix s’est révélé être une erreur. Avec une équipe d’une dizaine de gérants, Convictions AM n’avait pas les moyens humains suffisants pour analyser et aller chercher en direct toutes les poches de performance du marché. La société a aussi subi de plein fouet les turbulences de 2011, puis, cette année, les chocs provoqués fin mai par les déclarations de la Fed sur son prochain «tapering» et cet été par les tensions géopolitiques autour de la Syrie.
Résultat, depuis avril 2011, le fonds Premium a décroché par rapport à son objectif d’une performance moyenne annuelle de 7% sur 3 ans avec une volatilité inférieure à 7%. Au 13 septembre, il affiche sur 2013 un recul de 2,1%. Certains clients sont partis. Les encours du groupe, qui atteignaient 1 milliard d’euros début 2011 et encore 600 millions au printemps 2013, sont tombés à 460 millions, dont 432 millions sur le seul fonds Premium.
Ce retour aux origines s’accompagne de changements d’hommes. Alexandre Hezez, responsable de la gestion, quitte la société pour lancer «un projet entrepreneurial» avec le soutien de Cloran Finance, la holding personnelle de Philippe Delienne. Ce dernier va reprendre la direction effective de l’équipe de gestion.
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Paris - Pendant que le débat enfle sur l’opportunité de taxer les «superprofits» pétroliers liés à la guerre au Moyen-Orient, TotalEnergies prévient les politiques: en cas de taxes, il ne pourra «pas maintenir» son plafonnement du prix des carburants dans ses station-service françaises. Le PDG du groupe TotalEnergies Patrick Pouyanné, connu pour ses paroles directes, a fait cet avertissement mardi dans une interview donnée à Sud Ouest et à La République des Pyrénées. «En cas de surtaxe sur nos raffineries, qui sont par ailleurs souvent déficitaires, dans ce cas nous ne pourrons pas maintenir le plafonnement [des prix] dans nos stations en France», a indiqué le patron, accusé par la gauche de profiter de la guerre. «TotalEnergies ne va pas non plus s’excuser de performer et de réussir dans son domaine (...) Il n’y a aucune honte, cela signifie que l’entreprise fonctionne bien», a souligné le dirigeant. Les bénéfices exceptionnels réalisés par TotalEnergies grâce à la flambée du prix des hydrocarbures dans le sillage de la guerre au Moyen-Orient ont relancé le débat politique sur l’opportunité d’une taxe spécifique, objet de propositions de loi à gauche, face à un gouvernement plutôt enclin à laisser le pétrolier «redistribuer» cet argent comme il l’entend. Le groupe a annoncé jeudi, au lendemain de ses résultats trimestriels, qu’il maintenait «le niveau des plafonnements en vigueur depuis le 8 avril (essence à 1,99 euro/L et gazole à 2,25 euros/L) (...) pour le mois de mai» dans ses 3.300 station-services, une initiative qu’il poursuivra «tant que la crise au Moyen-Orient durera». En place depuis février 2023, pour atténuer les prix élevés à la pompe en pleine crise énergétique liée à la guerre en Ukraine, cette initiative leur avaient coûté «entre 400 et 500 millions de dollars» cette année-là. Mais le Premier ministre Sébastien Lecornu a aussi encouragé TotalEnergies à un plafonnement encore plus «généreux» des prix à la pompe», selon des déclarations rapportées par la Tribune Dimanche. «Est-ce qu’on demande à Total d’en faire plus? Oui», a déclaré mardi le Premier ministre Sébastien Lecornu lors des questions au gouvernement, tout en s’insurgeant contre «des mensonges et des contrevérités» qui circulent sur le groupe. «Total paye déjà des impôts», à hauteur de «2 milliards d’euros de prélèvements obligatoires» en France, a indiqué M. Lecornu, rappelant aussi que La France était le «seul» pays où TotalEnergies plafonnait ses prix. Le gouverneur de la Banque de France François Villeroy de Galhau avait quant à lui affirmé lundi que s’il fallait taxer les «surprofits» des groupes énergétiques, cette mesure devrait être ciblée et «temporaire». «Pas de pénurie» cet été TotalEnergies a annoncé le 29 avril de juteux bénéfices de 5,8 milliards de dollars au premier trimestre (4,96 milliards d’euros), soit une hausse de 51% sur un an et un doublement par rapport au 4e trimestre 2025. En conséquence, le PDG a précisé qu’il était «fort probable» que son groupe soit éligible en 2026 à la surtaxe sur les grandes entreprises, en raison des marges exceptionnelles de son activité de raffinage depuis le début de la guerre. Cette contribution exceptionnelle sur les bénéfices des grandes entreprises, mise en place par le gouvernement en 2025 et reconduite pour l’année 2026, s’applique aux entreprises ayant un chiffre d’affaires d’au moins 1,5 milliard d’euros. Mais le groupe, qui empoche l’essentiel de ses bénéfices à l’international, n’y était pas soumis au titre de l’année 2025 car son activité de raffinage était déficitaire en France. Le PDG est aussi revenu sur ses propos très commentés de fin avril, y compris par Emmanuel Macron, sur une «ère de pénurie énergétique» si le blocage du détroit d’Ormuz par Téhéran durait encore «deux ou trois mois». «Je n’ai jamais parlé de pénurie en France parce que justement nous saurons l’approvisionner», a-t-il rectifié, interrogé sur une éventuelle crise d’approvisionnement estivale. «Il n’y aura pas de pénurie, mais cela aura un coût plus élevé», puisque «nous devrons acheminer des carburants en concurrence avec l’Asie vers la France, donc en payant plus cher», a-t-il tempéré. Selon le PDG, la consommation de carburants a reculé de 15% en France au mois d’avril. Nathalie ALONSO © Agence France-Presse -
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