Citadel fait les frais de la chute du marché des actions chinoises
Dans le cadre de l’enquête sur les manipulations de cours des actions chinoises, Pékin a procédé au gel de 24 comptes, incluant celui détenu par la société américaine Citadel en Chine. C’est la première fois qu’une telle décision est appliquée à une société étrangère. L’enquête vise notamment les activités de ventes à découvert, et les pratiques nommées «spoofing» qui consistent à placer un ordre d’achat ou de vente sur le marché puis à le retirer juste avant son exécution dans le but d’influencer les décisions des investisseurs.
«Citadel a investi activement dans la région ces quinze dernières années, et a toujours maintenu un dialogue constructif avec les régulateurs, y compris lors de la récente volatilité des marchés. Nous continuons à fonctionner normalement dans nos bureaux, et à nous conformer aux lois et législations en vigueur», a indiqué le hedge fund.
Le fonds gelé est celui de la filiale de courtage Citadel Securities, qui est séparé des activités propres du hedge fund et de ses activités de gestion d’actifs. Dans le cadre du nouveau programme de libéralisation du renminbi instauré par les autorités chinoises, appelé Qualified Domestic Limited Partner (QDLP), Citadel avait pourtant été le premier fonds étranger à réussir une opération de levée de fonds libellée en monnaie chinoise auprès d’investisseurs particuliers locaux au cours du mois de mai pour un montant total de 50 millions de dollars. Le poids des sociétés étrangères dans le marché actions chinois reste néanmoins limité par la fixation d’un quota équivalent à 3% de la capitalisation boursière totale des Bourses de Shanghai et de Shenzhen.
Les inquiétudes sur les possibles conséquences sur l’économie de la forte chute des actions chinoises locales de classe A, qui atteint 35% depuis son plus haut de mi-juin, ont poussé les autorités à prendre des mesures exceptionnelles, comprenant notamment des rachats massifs de titres de sociétés d’Etat.
Outre le lancement d’une vaste enquête sur l’utilisation abusive des ventes à découvert qui seraient, selon Pékin, en grande partie responsable de la volatilité des marchés, ainsi que sur des cessions d’actions du géant chinois de l’aérospatial Avic sous contrôle de l’Etat, les actionnaires majoritaires ne peuvent plus vendre leurs actions. Les investisseurs particuliers eux se sont vu offrir des incitations à recourir au crédit pour soutenir le marché.
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