Chypre avance sur la voie d’un éventuel plan de sauvetage international
Chypre rassure sur ses intentions. «La survie de notre pays est en jeu», a indiqué Nicos Anastasiades après le résultat du premier tour de la présidentielle chypriote qui l’a placé dimanche soir en tête avec 45,4% des suffrages. Cet avocat de 66 ans a axé sa campagne sur sa volonté de négocier les termes du prêt réclamé par le pays à l’Union européenne, le FMI et la BCE (Troïka). Il s’est dit déterminé à l’obtenir même au prix d’un plan d’austérité encore plus drastique que celui qui conditionne l’aide internationale.
Or, le temps presse. Chypre doit en effet s’acquitter en juin d’une échéance de 1,4 milliard d’euros, principalement détenue par des investisseurs étrangers. Morgan Stanley estime les besoins du pays entre 10 et 15 milliards d’euros, dont 3 à 8 milliards pour son secteur bancaire. De quoi faire exploser la dette du pays à un niveau de 146% du PIB d’ici à 2015, contre 90% fin 2012.
Morgan Stanley estime néanmoins qu’une décote sur la dette senior non sécurisée et sur les dépôts non assurés chypriotes semble peu probable dans la mesure où le montant de dette non sécurisée est limité. «Si l’impact financier direct d’un PSI apparaît limité compte tenu de la faible taille de son marché obligataire souverain, les effets indirects par le biais d’une chaîne de contagion pourraient même aller jusqu’à faire réapparaître les craintes de sortie de la zone euro», ajoute la banque. La Troïka étudierait les effets d’un scénario de faillite des banques du pays, avec en première ligne une forte exposition des établissements grecs.
Les incertitudes sur un éventuel plan de sauvetage perdurent. La Finlande s’est montrée favorable à ce que les créanciers et les actionnaires des banques portent le poids d’une restructuration de la dette chypriote, les Etats ne devant être sollicités qu’en ultime recours. De son côté, l’Allemagne risque d’avoir toutes les peines du monde à faire passer un plan de sauvetage public au Bundestag, les partis d’opposition y étant très réfractaires.
La Russie avait déjà consenti en 2011 un prêt à 5 ans de 2,5 milliards d’euros à l’Etat chypriote. Celui-ci fait déjà pression pour une extension de la durée de deux ans avec un premier remboursement en 2018, et pour l’obtention d’un autre prêt de montant identique. La participation de la Russie, qui protège indirectement les intérêts des déposants russes à Chypre, est jugée indispensable par les parties prenantes au dossier.
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