Carmignac et Comgest accusent le coup sur les marchés émergents
Les coqs de la gestion indépendante française ont perdu quelques plumes. Comme les britanniques Aberdeen et Ashmore, Comgest et Carmignac Gestion ont pâti l’an dernier de leur forte exposition aux marchés émergents, désertés par les investisseurs après le revirement de la politique monétaire américaine. Comgest a subi environ 950 millions d’euros de sorties nettes et Carmignac une décollecte totale de 2,3 milliards d’euros, dont 1,7 milliard sur son produit phare Carmignac Patrimoine.
Les encours des deux boutiques sont toutefois restés quasi stables grâce à la performance de leur gestion et aux effets de marché. Carmignac Gestion gérait fin décembre 53,3 milliards d’euros (-0,7% sur un an) et Comgest 15,9 milliards (+2,6%).
Si le fonds Carmignac Emergents a réalisé en 2013 une performance négative (-6,2%) mais supérieure à son indice de référence, Carmignac Patrimoine a terminé l’année à +3,5% mais en dessous de la moyenne des produits de sa catégorie (+9,2% sur un an), selon EuroPerformance - Six Telekurs. Ce fonds diversifié de 27 milliards d’euros est «en sous-performance depuis trois ans» car «trop défensif», a reconnu hier Frédéric Leroux, gérant global de Carmignac, lors d’une conférence de presse. Pour rebondir au dernier trimestre 2013, la maison de la place Vendôme a révisé la stratégie de Carmignac Patrimoine. En un an, le poids des émergents y est passé de 28,1% à 19,8%, «son plus bas historique» selon Frédéric Leroux, et celui des mines et matériaux de 13,5% à 2,3%. La boutique a en revanche renforcé son exposition à la «croissance américaine» (de 7,9% à 25,1%), mais aussi à la «reflation japonaise» et à la «stabilisation de l’économie européenne». Société à tradition obligataire, Carmignac a aussi porté le poids des actions à 50%, le maximum pour son fonds Patrimoine.
Spécialiste des actions asiatiques et très international avec ses centres de gestion dans cinq pays, Comgest a souffert en Inde, où la performance de son fonds midcaps a chuté de 18,4% l’an dernier, et en Amérique Latine (-8,4%) du fait de l’évolution défavorable des changes. Magellan, son navire amiral, affiche en revanche un rendement de +2,4%, supérieur de 9 points à son indice de référence. «Notre stock picking sur les valeurs internet émergentes et sur les valeurs de consommation non cycliques nous a permis de surperformer les marchés émergents», pointe Wolfgang Fickus, membre du comité d’investissement de Comgest.
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Paris - Nouvelle étape dans la candidature de Gabriel Attal: les militants de Renaissance se sont exprimés majoritairement en faveur d’une désignation de leur candidat à la présidentielle par le Conseil national - le parlement du mouvement - suivie d’un vote des adhérents, a rapporté lundi le parti. Deux dirigeants historiques du parti macroniste, Jean-Marc Borello et Bariza Khiari, ont présenté au bureau exécutif (la direction) leurs conclusions s’agissant de la désignation du candidat à l'élection présidentielle. A l’issue de deux mois de consultations, les deux responsables ont rapporté que 70% des militants consultés étaient favorables à une désignation du candidat suivi d’un vote, 15% à une primaire interne et 15% à une primaire ouverte. Le bureau exécutif de Renaissance réuni lundi soir a donc décidé par 60 voix pour, 3 abstentions, et 0 contre, de soumettre au Conseil national (CN) deux options: la désignation du secrétaire général Gabriel Attal comme candidat du parti, «s’il décidait de se présenter, conformément à la volonté largement majoritaire» des militants, ou l’organisation d’une primaire interne, «bien que celle-ci ne soit soutenue que par une minorité des adhérents et des cadres» du parti. Le Conseil national se réunira le 12 mai pour donner sa décision. S’il opte pour une désignation de Gabriel Attal, celle-ci sera suivie dans les 10 jours par un vote des adhérents à jour de cotisation. Dans les statuts, le choix du mode de désignation revient au CN, présidé par Élisabeth Borne, qui n'était pas présente au bureau lundi. L’ancienne Première ministre a multiplié les signes de distanciation à l'égard de Gabriel Attal, dont la candidature à l’Élysée ne fait aucun doute. La ministre Aurore Bergé était présente, et représentait au bureau la présidente de l’Assemblée nationale Yaël Braun-Pivet. Sans s'être officiellement déclaré candidat, Gabriel Attal a donné tous les signes qu’il se préparait à l'échéance. Il a publié le 23 avril un livre et multiplié depuis les déplacements, de dédicaces en meetings, avant un grand rassemblement parisien le 30 mai. Dans son ouvrage «En homme libre» (Editions de l’Observatoire), l’ancien Premier ministre âgé de 37 ans raconte longuement la dissolution de l’Assemblée par Emmanuel Macron, qu’il a vécue depuis Matignon en 2024, «l’une des décisions politiques les plus funestes de la Ve République», écrit-il. Depuis, le député des Hauts-de-Seine s’est emparé du parti présidentiel Renaissance comme du groupe à l’Assemblée, tourné sans concurrence interne vers son dessein présidentiel. © Agence France-Presse -
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