Berlin évoque un éventuel aménagement de la dette grecque
Les Grecs vont se presser dès ce matin aux portes de leurs établissements bancaires. Leur réouverture a été confirmée par décret samedi et les plafonds de retrait passent de 60 euros par jour à 420 euros par semaine en une seule fois. Des mesures de contrôle restent en place, telle que l’interdiction de virer des fonds situés sur des comptes bancaires grecs vers des comptes à l'étranger. «Ce n’est pas une vie normale, c’est pourquoi nous devons négocier rapidement», a commenté Angela Merkel lors d’un entretien diffusé hier sur la chaîne ARD.
Une fois que ce troisième programme aura été entériné et que son premier examen aura été positif, il pourra être question d’un aménagement de la dette grecque, via un allongement des maturités ou une diminution des intérêts, anticipe la chancelière allemande. Angela Merkel exclut toutefois un «haircut» (décote) classique. «Cela peut se produire hors d’une union monétaire, mais pas dans une union monétaire», martèle la dirigeante. Cette dernière assure que Berlin fera tout pour les discussions aboutissent mais promet de négocier «durement» pour qu’Athènes tienne ses engagements.
«Ce ne sera certainement pas facile car il y a des choses dont nous avons discuté avec tous les gouvernements grecs depuis 2010 et qui n’ont jamais été faites mais qui ont été faites dans d’autres pays comme le Portugal ou l’Irlande», souligne Angela Merkel. Dans cet entretien, la chancelière en profite pour couper court aux rumeurs de démission de Wolfgang Schäuble véhiculées dans la presse allemande. «Le ministre des Finances conduira comme moi ces négociations et la seule chose que je puis dire, c’est que personne n’est venu me voir pour me demander d'être relevé de ses fonctions», conclut Angela Merkel.
Si Berlin campe sur sa ligne de défense, Paris pousse sa volonté de réforme. Dans une tribune publiée dans le Journal du Dimanche, François Hollande indique que la France est prête à participer à une organisation renforcée de la zone euro et à constituer une «avant-garde» avec les pays qui le souhaiteront. Le chef de l’Etat reprend l’idée, attribuée à Jacques Delors et déjà formulée avec Angela Merkel dès le mois de mai, d’un gouvernement de la zone euro. Il y a ajoute la nécessité d’un budget spécifique et d’un contrôle parlementaire.
Plus d'articles du même thème
-
Les rétrocessions de la colère, ou comment jouer à se faire peur
Les décisions de la commission des sanctions de l'Autorité des marchés financiers (AMF) font peser le risque d’une sur-formalisation des pratiques, qui les rendraient éloignées de la réalité de l’amélioration du service rendu. -
La tokenisation change d’échelle
Passant de l’expérimentation à l’infrastructure de marché, la tokenisation gagne ses galons auprès des institutions financières, notamment chez les gestionnaires d'actifs, estime Djamila Cosme-Bayoud, directrice France de Broadridge. Mais des freins demeurent. -
Generali Investments va lancer ses premiers ETF actifs en Europe
Generali Investments prépare une entrée stratégique sur le marché européen des ETF actifs avec un déploiement coordonné entre ses filiales dès 2026 -
Le fonds Défense de Bpifrance collecte 100 millions d'euros auprès des particuliers
La banque publique d'investissement avait lancé en octobre dernier un fonds ouvert aux particuliers qui investit dans les entreprises non cotées du secteur de la défense en France. -
La Banque du Japon porte ses taux à un plus haut de 31 ans
La banque centrale a augmenté son taux directeur à court terme de 0,75 % à 1% face à la hausse de l'inflation due à la guerre au Moyen-Orient. -
BlackRock supprime de nouveau des postes
Larry Fink a adopté un processus de rationalisation de l’emploi au sein de BlackRock plus discret et en continu, rapporte Bloomberg. Le plus grand gestionnaire d’actifs au monde entame en effet une nouvelle vague de suppressions de postes correspondant à
ETF à la Une
Tom Stephens (Schroders) : « L’écosystème ETF, la gestion active et la construction de portefeuille moderne convergent fortement »
- Marc Riez (Vega IS) : «Nous avons engagé des discussions avec Novobanco au Portugal»
- L'AMF pourrait ouvrir les OPCVM aux cryptos
- Le régulateur américain veut encadrer les marchés de prédictions ciblés par les hedge funds
- Ethos hausse le ton et exclut toute entreprise engageant de nouveaux projets pétroliers ou gaziers
- L'AFG promeut dans un livre blanc la retraite supplémentaire par capitalisation
Contenu de nos partenaires
-
G7 à Évian : la Suisse réclame à la France une participation aux frais de sécurité
La Suisse reproche à la France de lui laisser assumer seule les coûts liés à la sécurité du G7 organisé à Évian-les-Bains. Les autorités helvétiques doivent gérer l’arrivée de dirigeants, les contrôles frontaliers et les manifestations côté suisse -
La petite fille et la machine administrative hors de contrôle
Le replay de «Voyage en absurdie», la chronique matinale d’Emmanuelle Ducros sur Europe 1 -
InfrapolitiqueLa propagation des imaginaires, stratégie de conquête des extrêmes
La campagne présidentielle consacre une nouvelle façon de parler aux Français, sans chercher à les convaincre, mais en contaminant l’imaginaire du plus grand nombre. C'est à la lumière de cette théorie que Raphaël LLorca analyse les banquets du Canon français et le maillot de l'équipe de France floqué « Mélenchon 27 »