Avec la réforme de son marché du travail, la France envoie un signal aux agences de notation
Les négociations entamées le 4 octobre dernier sur la réforme du marché du travail ont débouché sur un projet d’accord à l’arraché. La CFTC, la CFDT et CFE-CGC ont trouvé vendredi un terrain d’entente avec le patronat. La CGT et FO ont fait part de leur intention de ne pas parapher ce texte, estimant qu’il accroît la précarisation de l’emploi.
Parmi les points importants de la réforme pour les salariés figure la taxation renforcée des CDD courts, avec une hausse des cotisations employeurs à l’Unedic de 4 à 7% pour les contrats inférieurs à un mois, à 5,5% pour ceux compris entre un et trois et mois et à 4,5% pour les CDD d’usage. En contrepartie, l’embauche d’un jeune de moins de 26 ans en CDI donnera lieu à l’exonération de cotisations d’assurance chômage pendant trois mois. Par ailleurs, le texte formalise la représentation des salariés au conseil d’administration avec voix délibérative.
En ce qui concerne plus directement les entreprises, elles pourront négocier en cas de «graves difficultés conjoncturelles» des baisses du temps de travail et des salaires contre un maintien des effectifs. Le projet de loi prévoit également une sécurisation des plans de sauvegarde de l’emploi via un accord collectif avec des syndicats ou une homologation par l’administration.
François Hollande a salué vendredi la conclusion de ce projet d’accord, évoquant un «succès du dialogue social». «Je demande donc au gouvernement de préparer, sans délais, un projet de loi afin de transcrire fidèlement les dispositions d’ordre législatif prévues dans l’accord», a déclaré le chef de l’Etat. Le Medef, par la voix de sa présidente Laurence Parisot, a demandé une ratification par le Parlement «aussi vite que possible». Malgré la lenteur des négociations, François Hollande peut être satisfait du résultat; les agences de notation ont fait de cette réforme du marché du travail un élément essentiel de leurs grilles d’analyse.
En maintenant en novembre dernier la note AA+ de la France, assortie d’une perspective négative, Standard & Poor’s avait prévenu qu’une dégradation pourrait survenir si «les pouvoirs publics ne parvenaient pas à mettre en oeuvre une refonte du marché du travail et du secteur des services».
Plus d'articles du même thème
-
Le Conseil constitutionnel renforce la protection des tiers saisis face aux mesures de recouvrement
Saisis d'une question prioritaire de constitutionnalité, les Sages ont invalidé une disposition fiscale permettant de faire peser sur un tiers saisi la totalité de la dette du redevable, consacrant ainsi une application stricte du principe de proportionnalité des peines. -
Une fusion transatlantique se profile dans le secteur des ingrédients
Le britannique Tate & Lyle a accepté une offre d’achat en numéraire de son concurrent américain Ingredion, qui valorise sa cible 3,7 milliards de livres dette incluse. -
Revolut viserait d'ores et déjà 115 milliards de dollars de valorisation
La néobanque britannique envisage une nouvelle cession d'actions existantes, selon Bloomberg. Ce nouveau jalon marquerait une nouvelle hausse de sa valorisation par rapport aux 75 milliards atteints en novembre 2025, en vue in fine d'une introduction en Bourse autour de 200 milliards d'ici à 2028. -
Le Crédit Agricole est confronté à la reprise des grandes manœuvres en Italie
La banque verte, comme BNP Paribas, vise de longue date son «deuxième marché domestique», où elle est devenue le premier actionnaire de Banco BPM. Les hypothétiques rapprochements annoncés ces deux derniers jours n’auraient pas les mêmes conséquences pour les deux banques françaises. Le premier est acteur, le second spectateur. -
La dette publique des Vingt-Sept continue de croître
Majoritairement libellée en euros, la dette publique des Etats membres de l’Union européenne s’établit en moyenne à 80% du PIB, sauf dans les pays d’Europe du Sud où elle dépasse les 100%, à l'exception du Portugal. -
Intesa fait entrer la consolidation bancaire italienne dans une nouvelle ère
La plus grande banque italienne a lancé une offre pour racheter MPS-Mediobanca quelques heures après que Banco BPM a fait une proposition similaire. De quoi bouleverser les équilibres de l'ensemble de la finance transalpine.
ETF à la Une
WisdomTree rejoint la course aux ETF spatiaux en Europe
- Derrière l’affaire Uzès Gestion, la délicate question de la direction de fait
- La stratégie d'investissement de détail européenne provoque une poussée de fièvre côté français
- L'allègement du reporting ESG divise à Bruxelles
- Greystar boucle le plus grand fonds résidentiel européen value-add
- Arkéa AM recrute un gérant multigestion
Contenu de nos partenaires
-
Défausse ou défense ?Affaire Lyhanna : Gérald Darmanin renvoie les magistrats à leurs responsabilités
« S’il y a eu des défaillances, il y aura des sanctions », a prévenu le ministre de la Justice, lundi. Encore faudra-t-il qualifier ces éventuelles fautes -
Affaire Lyhanna, justice criminelle : Gérald Darmanin sur tous les fronts
L'examen du projet de loi sur la justice criminelle a débuté lundi à l'Assemblée nationale, par l'audition en commission des Lois du ministre. Au cœur des critiques que suscite l'affaire Lyhanna, le garde des Sceaux doit désormais s'assurer de l'adoption d'un texte dont le contenu crée la polémique depuis sa présentation -
Noir, c'est noirRetraites : l'avenir s'assombrit encore
Les derniers calculs du Conseil d'orientation des retraites aggravent le solde du système, avec un dérapage du déficit à 2,4 points de PIB en 2070