Amundi retrouve une collecte nette positive au troisième trimestre
Amundi a dégagé un résultat net ajusté de 235 millions d’euros au troisième trimestre 2020, en hausse de 1% par rapport au deuxième trimestre et de 2,3% sur un an. La filiale de gestion d’actifs du Crédit Agricole dépasse les attentes du consensus d’analystes Factset qui prévoyaient un résultat net ajusté de 227 millions d’euros. Elle est cependant en dessous des attentes en termes de revenus nets (630 millions d’euros contre un consensus de 634 millions) bien qu’ils progressent de 0,8% sur le trimestre mais baissent de 4,1% sur un an.
Les encours sous gestion d’Amundi ressortent à un niveau record de 1.662 milliards d’euros au 30 septembre 2020, progressant de 6,4% sur un an et de 4,4% sur le trimestre. Cette hausse s’explique par une collecte soutenue, l’intégration des encours de Sabadell AM au 1er juillet 2020 (+ 21 milliards) et un effet de marché positif (+15 milliards).
Après deux trimestres dans le rouge, la collecte nette d’Amundi au troisième trimestre s’élève à 34,7 milliards d’euros (31 milliards d’euros sur 9 mois), dont 22 milliards d’euros en produits de trésorerie et 4,7 milliards d’euros sur les actifs moyen-long terme, principalement sur les ETF et les actifs réels (dette privée et private equity en particulier). Les joint-venture d’Amundi ont contribué pour 8,1 milliards d’euros à la collecte nette. Amundi note une reprise de la collecte sur la clientèle particulière, particulièrement via les distributeurs tiers, ainsi qu’un rebond particulièrement marqué sur le segment institutionnel.
Climat d’incertitudes pour la fin d’année
Lors de la présentation des résultats à la presse jeudi soir, le directeur général d’Amundi Yves Perrier s’est félicité d’un «bon trimestre» pour la société, insistant sur la collecte élevée, le haut niveau de profitabilité et la mise en place de nouveaux relais de croissance. Il reconnaît cependant une situation de marché pleine d’incertitudes tandis que le monde se confine à nouveau. «En Europe, nous rentrons dans une phase sanitaire nouvelle qui va peser sur activité économique et qui commence à générer des réactions de marché négatives. Nous allons faire face à un contexte de marché plus difficile en termes de volumes, de collecte car ce genre de climat crée une aversion au risque chez les épargnants. Mais grâce à notre modèle d’activité très diversifié, notamment en Asie, nous sommes confiants dans les trajectoires que nous avions données même s’il peut y avoir des décalages», a-t-il dit.
Objectif de 500 milliards d’euros d’encours en Asie en 2025
En Asie, le futur «grand marché de croissance» de la gestion d’actifs et d’Amundi, selon Yves Perrier, la société gérait 303 milliards d’euros d’encours à fin septembre. Elle vise 500 milliards d’euros à l’horizon 2025. Amundi continue de s’y développer, notamment en Chine, où il s’appuie sur des partenariats avec Agricultural Bank of China (ABC) et Bank of China (BOC), respectivement troisième et quatrième banques chinoises.
Amundi dispose même, depuis septembre, d’une joint-venture dont il est actionnaire majoritaire (55%) avec BOC Wealth Management, autorisée par le régulateur des marchés financiers chinois. Son démarrage opérationnel est prévu au quatrième trimestre 2020 avec le lancement des premiers fonds sur le réseau de BOC. Pour cette nouvelle filiale, Amundi espère atteindre l’équilibre financier dès fin 2021 et table sur des encours de 60 milliards d’euros ainsi qu’un résultat net supérieur à 50 millions d’euros à l’horizon 2025. Alors que BOC pousse actuellement pour la distribution de ses fonds en Europe, Yves Perrier précise qu’aucune coopération n’a été définie sur ce sujet pour l’heure mais qu’une collaboration «ne peut pas être exclue à l’avenir».
Lyxor prochaine cible ?
Le directeur général d’Amundi a confirmé qu’aucun dividende ne sera versé au tire de 2019. «Si nous ne réalisons aucune acquisition significative nécessitant cet excès de capital (1 milliard d’euros), nous le rendrons aux actionnaires.»
Or, il se trouve que le nom d’Amundi, dont la dernière acquisition Sabadell AM sera totalement intégrée d’ici fin 2020, revient dans certains dossiers de fusions-acquisitions. La presse italienne évoquait en octobre un rapprochement entre Crédit Agricole et Banco BPM, maison mère d’Anima, société de gestion dans laquelle Amundi a démenti avoir un intérêt fin avril. Yves Perrier parle de «supputations de banquiers d’affaires». Au sujet de Lyxor Asset Management, Yves Perrier soutient qu’à sa connaissance, «la Société Générale n’a pas pris la décision de mettre en vente sa filiale de gestion» et que tout commentaire est prématuré à ce stade.
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