La rumeur de vente de Lyxor n’apporte aucun soutien au titre Société Générale

La possible cession de Lyxor a refait surface. Malgré cela, l’action de sa maison mère a dévissé hier de 7,66%.
Franck Joselin

Ce serait une source d’argent frais pour la Société Générale. Hier, la rumeur sur l’imminence de la vente de sa filiale Lyxor, qui gèrait 147,5 milliards d’euros fin août, dont 74,4 milliards en ETF, a ressurgi par l’intermédiaire de l’agence Reuters, citant deux sources proches. Selon elles, c’est Citigroup qui serait mandatée pour la vente, et parmi les acheteurs potentiels, les noms d’Amundi et de DWS circulaient. Pour la Société Générale, qui ne fait aucun commentaire, et ses banques conseil, cette fuite constitue un bon test pour voir la réaction des marchés.

Le résultat est sans appel : les opérateurs n’accordent aucune importance aux bruits de cession. Le titre de la banque a évolué hier à l’instar de celui des autres valeurs du secteur tirées vers le bas par de nouvelles craintes sur le Covid et sur fond de révélations de blanchiment liées aux FinCen Files. L’action Société Générale a ainsi perdu 7,66% à la clôture, contre 6,37% de baisse pour BNP Paribas et 5,36% pour le Crédit Agricole. Et ce dans un marché français en chute de 3,74%. Après un premier trimestre 2020 déjà difficile, avec un résultat net négatif de 326 millions d’euros, la Société Générale a accentué sa perte au deuxième trimestre, à 1,26 milliard d’euros – surtout due à des mouvements comptables. Pour les opérateurs, la banque reste fragile face à la pandémie, et ce même avec le possible produit de cession de sa filiale de gestion et une réorganisation en cours.

Comme c’était le cas l’année dernière, le chiffre d’un milliard est avancé concernant la valeur de Lyxor, ce qui correspondrait à un multiple d’environ 5 fois les résultats annuels. Un chiffre qui correspond à un haut de fourchette de la valorisation des sociétés de gestion. Celles-ci se valorisent en effet souvent davantage entre 2,5 et 3 fois les résultats, hors prime liée à un intérêt particulier de l’acheteur d’acquérir la cible.

Ce prix élevé est d’autant plus problématique que, selon un bon connaisseur du dossier, le repreneur le plus souvent cité, Amundi, «n’est pas intéressé par Lyxor. D’ailleurs, la vente de la société n’est pas entrée dans le périmètre de négociation des accords de distribution entre Amundi et la Société Générale». Par ailleurs, même si les ETF ne représentent que 55 des 1.527 milliards d’euros gérés au 30 juin, selon cette même source, «Amundi a déjà collecté plus de 130 milliards d’euros sur la gestion passive, y compris ETF, de manière organique et n’a pas de raison de racheter une structure à ce prix pour accroître son développement».

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