Acofi va lancer deux fonds de «reverse factoring»
Acofi étend le champ des actifs proposés à la désintermédiation. La société de gestion prépare le lancement de véhicules qui seront investis dans des actifs peu connus encore du marché, des créances commerciales objet de «reverse factoring». Cette technique consiste à financer des factures d’un grand groupe faisant bénéficier ses fournisseurs de sa qualité de signature: il leur propose de faire refinancer par un tiers ses factures à payer dès qu’il les a approuvées. Les fournisseurs trouvent là un financement à meilleur prix qu’avec l’affacturage classique puisque le prix est calé sur le crédit du donneur d’ordres. Les investisseurs, eux, trouvent là un risque de bonne qualité. «A partir d’un actif constitué de créances commerciales par nature de durée courte, l’investisseur a accès à une prime de structuration», précise Thibault de Saint Priest, directeur général d’Acofi Gestion. Le rendement attendu de tels fonds variera logiquement en fonction de la qualité de crédit du donneur d’ordres.
Acofi va lever sur ce thème deux fonds en forme de FCT (fonds commun de titrisation) d’environ 150 millions d’euros chacun, avec un grand donneur d’ordres par fonds. Le lancement est prévu au quatrième trimestre et les fonds devraient avoir une durée de vie de 4 à 5 ans. La société de gestion s’est associée à Corporate LinX, spécialiste de reverse factoring et qui se charge notamment, via son portail informatique, d’organiser les flux d’informations sur les factures entre les partenaires commerciaux et financiers. «Les structures montées en collaboration avec Acofi prévoient un ‘reverse factoring’ à grande échelle, qui financera non seulement les plus gros fournisseurs mais aussi les petites entreprises souvent délaissées dans ce type de montage, déclare Fabien Jacquot, président de Corporate LinX. Nous entendons favoriser un lien de financement durable entre donneurs d’ordres et fournisseurs.»
Les montages de ce type sont encore peu répandus et Acofi confirme ainsi son approche de la désintermédiation du financement des entreprises. Le gérant privilégie les sous-jacents originaux et décorélés, où la concurrence entre investisseurs est moins forte. Il s’intéresse en particulier à des postes figurant à l’actif du bilan des entreprises, plutôt qu’au passif, comme par exemple des créances en leasing industriel et des créances d’entreprises sur l’Etat au titre du Crédit impôt recherche.
Plus d'articles du même thème
-
Kevin Warsh propose une Fed «moins communicante»
Les acteurs du secteur financier peuvent y voir une évolution potentiellement positive si cela permet de réagir plus vite et mieux aux données. On peut cependant encore douter que le banquier central nommé par le président Donald Trump soit celui qui cherche ainsi à dépolitiser la Fed. -
Le M&A s'alimente de nouveau au gros gibier
En dépit de moindres volumes, la valeur des opérations de fusions & acquisitions a rebondi durant ce premier semestre 2026, un début d'année marqué par des transactions de grande envergure. L'intérêt des investisseurs se concentre notamment sur les secteurs des télécommunications, de l'énergie, des infrastructures et de l'intelligence artificielle, relèvent les banques d'investissement. -
CRH change de braquet aux Etats-Unis
L’acquisition d’Arcosa en numéraire pour 8,5 milliards de dollars, dette incluse, renforcera la position du groupe irlandais de matériaux de construction dans les infrastructures et l’énergie. -
Le risque de défaut progresse sous contrôle
Les entreprises high yield continuent de profiter d’un marché primaire actif offrant une forte liquidité leur permettant de se refinancer. Les taux de défaut ont grimpé à 4% en Europe comme aux Etats-Unis, et devraient se maintenir à ce niveau, avec des risques surtout spécifiques. -
L'agrément MiCA devient la meilleure publicité des acteurs crypto
A quelques jours de l'échéance du règlement européen MiCA, les acteurs crypto agréés en font un argument marketing de taille, en espérant rafler les clients et actifs des plateformes n'ayant pas reçu le précieux sésame. -
BNP Paribas sécurise sa bancassurance en Italie
BNP Paribas Cardif, la compagnie d’assurance du groupe, renforce son partenariat avec le groupe BCC Iccrea et le prolonge jusqu’en 2039.
ETF à la Une
AllianzGI va lancer cinq ETF actifs en Europe dès l'été
- Le chantier social prend du retard dans la fusion de BNP PAM et d'Axa IM
- Generali Investments va lancer ses premiers ETF actifs en Europe
- L'AFG propose d'introduire une dose de capitalisation dans les retraites complémentaires du privé
- Le programme Tibi 3 vise 15 milliards d'euros d'investissements dans la tech
- AIFM 2 : la transposition française de la directive prend beaucoup de retard
Contenu de nos partenaires
-
AdaptationClimatisation : la grande bascule des politiques
Face aux canicules à répétition, le débat sur le dérèglement climatique n’existe plus. Il se déplace sur l’adaptation. En se cristallisant sur la seule question de la clim, devenue très politique -
Commerce internationalLe commerce maritime international en mode agile
De la mer Rouge au détroit d'Ormuz, les crises géopolitiques rebattent les cartes du transport maritime. Armateurs, assureurs et transitaires s'organisent désormais pour naviguer dans un monde où l'incertitude est devenue la norme. A l'occasion du Rendez-vous ParisMAT qui se tient aujourd'hui et demain à Paris, petit tour d'horizon de ce nouveau quotidien -
EXCLUSIFDominique de Villepin : « Il faudra revenir à une taxe carbone »
Retour de l’ISF, taxe carbone, fonds souverain de 100 milliards… L’ancien Premier ministre de Jacques Chirac dévoile en exclusivité les grandes lignes de son programme économique pour l’élection présidentielle de 2027