A la veille des élections, le gouvernement espagnol promet d’en finir avec l’austérité
Un «budget cohérent avec la politique économique qui a permis aux Espagnols de renouer avec la croissance de leur économie», s’est félicité Cristobal Montoro, le ministre des Finances du pays, lors de la présentation devant les députés du Parlement du projet de budget 2016. Porté par une hausse des recettes publiques, une baisse du volume des indemnités chômage ainsi qu’une réduction des intérêts de la dette, le budget sera nettement moins austère que les années précédentes.
Après avoir été gelés depuis 2009, les salaires des fonctionnaires seront revalorisés de 1% et l’Etat continuera d’augmenter de 1% ses investissements publics. Il prévoit également d’accroître les dépenses sociales et de renflouer l’éducation : plus de bourses pour les étudiants (+0,2%), plus de moyens pour la recherche civile (+2,2%). Le budget culture sera également révisé à la hausse : +7,2%, dont une augmentation de 14,1% pour les dépenses liées au cinéma.
Ce budget, qui devra être approuvé définitivement le 22 octobre, confirme la relance du moteur économique. Selon Cristobal Montoro, grâce à la réforme du marché du travail, l’Espagne fera chuter son taux de chômage de 22,4% actuellement à 19,8% fin 2016. La reprise du travail permettra, d’après l’exécutif, de renflouer les caisses puisque les recettes augmenteront, tout en réduisant en même temps les dépenses liées aux indemnités chômage. Sur ce point, le gouvernement table sur des économies de 5,5 milliards d’euros l’an prochain. Miguel Angel Bernal, professeur d’économie à l’Institut d’Etudes Boursières (IEB), rappelle néanmoins que ces économies viennent de la «création de nouveaux postes» mais aussi parce qu’au «bout de deux ans, un chômeur espagnol qui n’a pas trouvé de travail arrête de percevoir la prestation».
Si le ministre des Finances se félicite des recettes appliquées par Madrid qui ont permis «une sortie de crise», Miguel Angel Bernal se demande si le nouveau budget ne serait pas en fait «très volontariste» et «très électoraliste». Il est clair qu’à la veille des élections prévues cet automne, l’exécutif espagnol veut rompre avec l’impopularité héritée de sa politique d’austérité. Selon Miguel Angel Bernal, le budget se fie trop aux bons paramètres dont bénéficie actuellement l’Espagne (prix du pétrole, faibles taux d’intérêt...) et il faudra «se demander si cela va continuer comme ça» en 2016.
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