38 acronymes pour jargonner comme un financier
Tous les secteurs ont leur jargon incompréhensible pour les non-initiés. Dans la finance, il prend souvent la forme d’acronymes ou sigles, d’autant plus difficiles à comprendre que beaucoup sont issus de termes anglais. Des directives européennes au nom de certains produits en passant par les associations professionnelles et les autorités de régulations, tour d’horizon de ces enchaînements de lettres majuscules, souvent plus obscurs les uns que les autres.
Certains organismes nationaux, européens, américains ou internationaux sont suffisamment célèbres pour que leur sigle soit aussi connu que leur vrai nom. C’est le cas de la BCE - la Banque centrale européenne -, l’AMF – l’Autorité des marchés financiers – ou encore l’OCDE (Organisation de coopération et de développement économique).
D’autres méritent quelques éclairages.
Les principales autorités de régulation
L’Esma est l’European securities and markets authority. Elle regroupe les gendarmes boursiers européens, comme l’Autorité française des marchés financiers. Ces autorités veillent au bon fonctionnement des marchés financiers, au respect des règles, à la protection de l’épargne ou à l’information des investisseurs.
La SEC, la Securities and exchange commission, est le gendarme de la Bourse américain, l'équivalent de l’AMF aux Etats-Unis.
A l’échelle internationale, l’organisme représentatif des autorités des marchés financiers est l’Iosco, l’International Organization of Securities Commissions.
L’EIOPA est l’European insurance and occupational pensions authority. Autrement dit il s’agit de l’autorité européenne en charge de la surveillance des assureurs. Son équivalent français est l’ACPR, l’Autorité de contrôle prudentiel et de résolution.
Coté banques, l’autorité de contrôle européenne est l’EBA, l’European banking authority. Dans l’Hexagone, ce rôle revient également à l’ACPR, qui est intégrée à la Banque de France.
L’Esma, l’EIOPA et l’EBA font partie du Système européen de surveillance financière.
A l’international, la supervision bancaire est assurée par le FSB, le Financial stability board (Conseil de stabilité financière en français). Il regroupe de nombreuses autorités financières nationales et organisations internationales. Il est présidé par Klaas Knot, président de la Banque des Pays-Bas.
Les principales organisations internationales
Outre le FMI (Fonds monétaire international), bien connu, plusieurs organismes financiers internationaux sont désignés par des acronymes un peu moins parlants.
La BEI, ou Banque européenne d’investissement, est ainsi l’institution de financement de l’Union européenne. En anglais, on parle de l’EIB (European investment bank).
Quand elle ne renvoie pas à une branche d’élite de la police nationale française, la BRI correspond à la Banque des règlements internationaux qui travaillent à la coopération monétaire et financière entre Etats. Les anglophones parleront de BIS (Bank for international settlements).
Le FRU, le fonds de résolution unique, n’est pas à proprement dit une organisation internationale mais un fonds abondé par les établissements de crédit des pays européens membres de l’Union bancaire. Il pourrait servir à stabiliser le système financier en cas de défaillance, dans le cadre du Mécanisme de résolution unique (MRU).
Les associations de professionnels de la finance
S’il y a bien un univers friand d’acronymes, c’est celui des noms d’associations. Et celles évoluant dans le monde de la finance ne font pas exception.
L’Efama est ainsi le petit nom de l’European fund and asset management association, l’association des gestionnaires d’actifs européens. Son équivalent français est l’AFG, l’Association française de gestion financière.
L’Afme est l’Association for financial markets in Europe. Dans l’Hexagone, la référence est l’Amafi, l’Association française des marchés financiers, qui regroupe des entreprises d’investissement, des établissements de crédit, opérateurs d’infrastructures de marché…
L’EBF, l’European banking federation, est la voix du secteur bancaire sur le Vieux continent. En France, les banques sont représentées par la FBF, la Fédération bancaire française.
Le Fese, The Federation of european securities exchanges, représente les opérateurs boursiers européens, dont Euronext, Deutsche Börse ou Six Group.
La réglementation européenne
Les différents règlements, directives et autres textes législatifs européens portent souvent des noms si complexes que seuls leurs sigles sont utilisés pour les désigner.
C’est ainsi le cas du règlement CSDR, Central Securities Depositary Regulation, qui porte sur les dépositaires centraux, ces organismes qui comptabilisent les titres financiers détenus par les investisseurs.
A ne pas confondre avec la directive CSRD, pour Corporate Sustainability Reporting Directive, qui réglemente la transparence extrafinancière des entreprises.
Ni avec le règlement SFDR, Sustainable Finance Disclosure Regulation, qui s’intéresse, lui, aux pratiques durables des sociétés financières.
La directive MIF sur les Marchés d’Instruments Financiers, ou Mifid en anglais pour Markets in Financial Instruments Directive, cherche à organiser les marchés financiers européens afin de créer un marché unique des services financiers.
Le règlement Emir, pour European Market Infrastructure Regulation, vise de son coté à réguler le marché européen des produits dérivés.
Les normes comptables
Toujours dans le domaine de la réglementation, les normes de comptabilité ont aussi leur lot d’acronymes.
Les normes IFRS, International Financial Reporting Standards, avec leurs différentes déclinaisons (IFRS 16, IFRS 17, IFRS 9 etc.) sont la référence pour les publications financières des sociétés européennes. Elles sont élaborées par l’IASB, l’International Accounting Standards Board, et par l’ISSB, l’International Sustainability Standards Board.
Aux Etats-Unis, les entreprises cotées appliquent les normes US-GAAP, les United States Generally Accepted Accounting Principles, émises par le FASB, le Financial Accounting Standards Board.
Dans le domaine des agréments, connexe à celui de la réglementation, de nouveaux sigles ont fait leur apparition ces dernières années. Le PSAN permet ainsi de devenir Prestataire de services sur actifs numériques quand le PSFP est nécessaire pour être Prestataire de services de financement participatif.
Pour finir sur une note plus douce, un acronyme qui n’entre dans aucune de nos catégories mais dont le nom respire le grand large, les voyages : l’Océane. Ou l’Obligation convertible ou échangeable en action nouvelle ou existante. Un peu plus terre à terre.
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