La chronique de l'actualité

La finance américaine demeure plus systémique que jamais

le 22/11/2016

Philippe Mudry

Donald Trump, on le sait, songe à reconsidérer la participation des Etats-Unis à la régulation financière internationale, née de la crise de 2008.

Or l’organe faîtier de cette régulation, le Conseil de stabilité financière, a souligné hier qu’aucun pays ne compte autant d’institutions d’importance systémique que les Etats-Unis.

Des établissements qui, rappelons-le, supportent à ce titre les contraintes de régulation, notamment de fonds propres, les plus strictes.

C’est dire si un relâchement de leur régulation serait de lourde conséquence pour la planète. Car le pays ne compte pas moins de 11 institutions « too big to fail », 8 banques et 3 compagnies d’assurances.

Tourner le dos au mouvement de régulation actuel, en démantelant la loi Dodd-Frank en particulier, serait donc dangereux.

D’autant que les banques américaines, selon le classement du Conseil, sont non seulement sorties de la crise mais ont repris leur expansion.

Notamment au détriment de leurs rivales européennes.

Aussi le régulateur appelle-t-il trois d’entre elles - Citigroup, Bank of America et Wells Fargo -, à renforcer leurs fonds propres pour plusieurs milliards de dollar chacune.

Les autres pays viennent loin derrière.

La Grande-Bretagne compte six institutions pouvant menacer la stabilité financière mondiale, 4 banques et 2 assureurs, et la Chine 5, à égalité avec… la France.

Car on le sait peu, la finance française est très concentrée.

Quatre banques, BNP Paribas, Société Générale, Crédit Agricole et Groupe BPCE, et un assureur, Axa, figurent parmi les 39 établissements tenus pour systémiques au niveau mondial.

Une singularité coûteuse mais dont aucun d’entre eux ne s’est pourtant donné pour priorité de s’affranchir.

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