Phitrust alerte les actionnaires de PSA sur la parité de fusion avec Fiat
Début d’année sur les chapeaux de roue pour PSA. Dès le 4 janvier matin se tiendront l’assemblée spéciale des actionnaires de PSA titulaires de droits de vote double et l’assemblée générale extraordinaire de PSA, destinées à approuver la fusion-absorption de Fiat (FCA) pour donner naissance à Stellantis, et appelées à voter la suppression des droits de vote double. Ces AG se tiendront à huis clos et seront retransmises en direct. FCA tiendra aussi son AG lundi. La semaine dernière, Bruxelles a donné son feu vert sous conditions à l’opération. Les actionnaires feront-ils de même ?
La fusion ne séduit pas tout le monde. Phitrust a récemment exprimé ses réticences face à une opération «insatisfaisante tant par ses aspects financiers que pour les droits des actionnaires du futur ensemble Stellantis». Pour la société de gestion, la parité de fusion 50/50 doit être revue pour améliorer l’équilibre entre les parties, FCA ayant «plus besoin de PSA pour la mise en œuvre des synergies que l’inverse». Phitrust constate que le constructeur français est plus performant que son concurrent italien sur un plan financier (rentabilité, endettement…) et environnemental (émissions de CO2), et a mieux résisté à la crise actuelle au regard des résultats sur les neuf premiers mois de l’année.
En outre, le volet social de l’opération semble peu lisible. Alors que PSA n’a pas sollicité de prêt garanti par l’Etat (PGE), FCA dispose d’un PGE italien de 6,3 milliards d’euros, qui «rendra politiquement quasi impossible la rationalisation des usines italiennes sous-utilisées de FCA, note Phitrust. Les usines françaises de PSA pourraient alors devenir la variable d’ajustement, entraînant de lourdes pertes d’emplois».
Sur un plan industriel, la société de gestion s’interroge aussi sur la stratégie du nouveau quatrième constructeur automobile mondial, et sur l’accès de PSA au marché américain. «La performance de Chrysler, qui a fourni la plupart des bénéfices de FCA, pourrait être fragilisée à terme si le plan environnemental du nouveau Président américain récemment élu, favorisant les véhicules électriques, est mis en place», ajoute Phitrust.
La nouvelle société, Stellantis, sera de droit néerlandais. Le titre sera coté à Paris, Milan et New York. De quoi inquiéter Phitrust en matière de gouvernance et de «régression substantielle des droits des actionnaires», craignant que la rémunération des dirigeants de Stellantis puisse augmenter «de manière déraisonnable sans l’approbation des actionnaires».
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