L’Etat est prêt à voler au secours de la maison mère de William Saurin
Financière Turenne Lafayette vient de révéler que ses comptes étaient truqués depuis plusieurs années. Une augmentation de capital est envisagée.
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Bruno de Roulhac
Le groupe agroalimentaire Financière Turenne Lafayette possède les marques William Saurin, Madrange, Paul Prédault, PetitJean, Garbit…
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La boîte de Pandore est ouverte. Moins de quinze jours après le décès de Monique Piffaut, sa présidente et unique actionnaire, Financière Turenne Lafayette (Madrange, William Saurin, Garbit…) vient de révéler que ses comptes étaient falsifiés depuis plusieurs années.
Un coup de tonnerre dans le monde déjà sinistré de l’agroalimentaire. Avant même qu’Eric le Gouvello prenne les rênes de Financière Turenne Lafayette (FTL) le 7 décembre dernier, le groupe avait diligenté un audit sur la santé financière de la holding. «Les premières constatations laissent apparaître une présentation trompeuse des comptes depuis plusieurs années, dans un contexte très dégradé pour la filière agroalimentaire en général et pour certaines filiales du groupe en particulier», précise la holding. Autrement dit, un dossier explosif. Le ministère de l’Agriculture et Bercy, qui ont eu dès lundi soir les premières conclusions de l’audit montrant de fausses facturations et de fausses avances sur stocks, y voient «un risque pour la pérennité du groupe». Ils ont saisi la justice «pour mener les investigations nécessaires, et déterminer les responsabilités et les causes de ces pratiques».
Les deux ministères ont assuré hier que «l’Etat prendra ses responsabilités» pour accompagner la nouvelle direction et les salariés (3.000 emplois directs et 1.500 intérimaires et prestataires) et qu’il «se mobilisera aux côtés des clients, des fournisseurs, des banques et des partenaires historiques» pour soutenir l’entreprise. L’Etat est donc prêt à injecter de l’argent pour éviter une liquidation judiciaire. «A ce stade, plusieurs pistes sont envisagées, parmi lesquelles la recherche de nouveaux moyens de financement, y compris au travers de l’ouverture du capital», précise FTL.
Si les intéressés se refusent à préciser le montant des malversations, l’inquiétude est là. La présentation trompeuse des comptes pourrait durer depuis dix ans. Le groupe réalise près de 1 milliard d’euros de chiffre d’affaires. Les commissaires aux comptes actuels, PwC et Mazars, se contentent de déclarer pour le moment qu’ils «ont constaté des tensions de trésorerie depuis quelques mois». «Ceci les a conduits à mettre en œuvre les procédures prévues dans ce cas de figure», ajoutent-ils.
La situation est d’autant plus difficile que Monique Piffault, sans héritier direct, souhaitait transmettre ses biens à une fondation pour la protection de l’enfance, qui n’existe pas encore à ce jour.
Aux émetteurs de faire preuve de plus de transparence, notamment sur leur guidance et sur leur plan stratégique, et en publiant le consensus des analystes. Des réponses nécessaires à des investisseurs plus exigeants.
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