Euronext explore le potentiel de la blockchain pour les PME cotées
Blockchain, acte 1 pour Euronext. La bourse paneuropéenne, associée à BNP Paribas Securities Services, la Société Générale, Euroclear, la Caisse des dépôts et la Sicav de place S2IEM, a signé hier un protocole d’accord, avec le soutien de Paris Europlace, pour créer une société qui aura vocation à explorer le potentiel de la technologie de registre décentralisé pour les marchés actions. Et notamment pour celui des valeurs moyennes.
L’approche se veut pragmatique, loin des prophètes qui parent la blockchain de toutes les vertus. «Les infrastructures de marché pour les PME cotées sont identiques à celles des grandes capitalisations, avec des délais de règlement-livraison et des coûts de transaction qui pourraient être abaissés grâce à la technologie blockchain», explique Anthony Attia, PDG d’Euronext Paris. Les promoteurs de l’initiative visent notamment l’abaissement à T+0 du délai de clearing des titres, aujourd’hui de deux jours.
«On peut imaginer un post-marché où le règlement se ferait en temps réel, avec un registre des transactions géré en blockchain», précise Anthony Attia. Cela suppose tout de même de surmonter certains écueils: un «T+0» sur les valeurs moyennes les plus liquides pourrait par exemple faire perdre le bénéfice du netting des ordres d’achat et de vente en accroissant le nombre de transactions.
Les partenaires se donnent six mois pour constituer la société, avec une petite équipe d’experts à recruter. Une décision doit aussi être prise sur la technologie : choix d’un partenaire parmi les start-up de la blockchain (SETL, Chain, Digital Asset…) ou développement interne. Les promoteurs du projet espèrent le voir aboutir dans les deux ans, avec un investissement raisonnable.
«Cette démarche s’inscrit dans la stratégie d’Euronext de diversifier ses solutions de post-marché et de devenir la plate-forme de cotation des PME technologiques à l’échelle européenne», souligne Anthony Attia. Hier, Arnaud de Bresson, délégué général de Paris Europlace, saluait l’apport de cette initiative pour la Place de Paris, avec «des acteurs financiers, bancaires et boursiers de premier plan européen qui mettent leur savoir-faire en commun au service de la transformation du post-marché, en s’appuyant sur la fintech.» Mais «cette annonce devrait attirer des partenaires européens non français», espère Anthony Attia.
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