Les banques centrales enfoncent les marchés dans le rouge
La pause sur les marchés, après l’annonce par la Fed mercredi d’une hausse de taux de 75 points de base, a fait long feu. Ce jeudi, l’ensemble des marchés actions basculent à nouveau dans le rouge et les rendements repartent à la hausse, alors que les banques centrales se mettent dans les pas de la Réserve fédérale américaine.
L’annonce d’une hausse des taux par la Banque nationale suisse a surpris les opérateurs ce matin. Le resserrement de la Banque d’Angleterre était en revanche attendu. Les opérateurs craignant de plus en plus que ce resserrement monétaire, toujours plus fort et large, n’entraîne une récession et donc une baisse des bénéfices des entreprises. En Europe, l’indice Euro Stoxx 50 chute encore de 3%, à 3.426 points à la clôture. A Paris, le CAC 40 recule de 2,4%, à 5.886 points. A Francfort, le Dax abandonne 3,4%, à 13.033 points. A Wall Street, l’indice S&P 500, qui a rebondi de 1,5% mercredi, cède 3%, à 3.678 points.
Ce sont encore les valeurs de croissance et principalement de la technologie qui sont les plus affectées par cette poursuite de la correction, l’indice Nasdaq dévissant de 3,7%, à 10.691 points.
La fragmentation reste surveillée
Sur les marchés de taux, les rendements des emprunts d’Etat sont de nouveau en forte hausse. Aux Etats-Unis, le rendement de l’emprunt américain à 10 ans augmente de 5 points de base (pb) par rapport à mercredi, à 3,36%. En Europe, le Bund allemand bondit de 10 pb à 1,74%, tandis le l’OAT 10 ans française dépasse 2,3%, en hausse de 8 pb. Les taux italiens, particulièrement surveillés, sont aussi orientés à la hausse, même si celle-ci se révèle moins prononcée que dans le cœur de la zone euro. Le BTP italien reste à un niveau de 3,82%, en augmentation de 2 pb, mais en dessous des 4,16% atteints juste avant que la BCE communique sur ses mesures censées prévenir la fragmentation de la zone euro.
Sur ce point, le ministre allemand des Finances Christian Lindner s’est voulu rassurant jeudi en déclarant que «nous assistons à une augmentation des écarts de taux entre les États membres. Mais il n’y a pas de raison de s’inquiéter (...) L’union économique et monétaire est stable». Le spread Bund-BTP se resserre à 208 pb.
Plus d'articles du même thème
-
La tentative de régulation mondiale de l'IA souffre de grands absents
Les dirigeants de 22 pays ont signé une déclaration commune en marge de l’Assemblée générale de l’ONU, dans laquelle ils préconisent l'adoption de mesures de sécurité contraignantes face à la course effrénée de l'IA. Les Etats-Unis, la Chine et la France font figure de grands absents. Plusieurs incidents ont pourtant révélé les failles de sécurité d’un secteur où la montée en puissance des modèles s’accélère. -
Les banques gèrent tranquillement leurs anciennes dettes subordonnées
L’Autorité bancaire européenne (EBA) a considéré fin février qu’elle avait mené à bien sa mission d’accompagnement et de suivi de l’extinction des dettes subordonnées historiques («legacy»), émises avant 2013 et Bâle 3. De quoi permettre aux établissements de crédit de conserver quelque peu les rares titres aux coupons encore avantageux pour eux. -
L’Argentine paye la facture cachée de la lutte contre l’hyperinflation
La thérapie de choc menée par Javier Milei face aux déséquilibres qui s’étaient accumulés dans l’économie est saluée pour ses résultats. Mais cet ajustement peine à se transmettre à l’économie réelle à cause d’un endettement élevé des ménages. La méthode plus mesurée engagée par la Turquie a été moins défavorable.
ETF à la Une
Le marché européen des ETF a d’ores et déjà collecté plus qu’en 2025
- La Société Générale aura du mal à contenter tout le monde avec son nouveau plan
- Le plan stratégique de la Société Générale fait la part belle à la réduction des coûts et à la croissance
- La coûteuse ardoise de la frilosité des épargnants français
- Les banques ne seront pas désintermédiées, elles seront tokenisées
- La Fed sort de l'ambiguïté en remontant ses taux
Contenu de nos partenaires
-
Sous-titresDonald Trump et l'ONU : la stratégie de l'amour-haine
Malgré sa rhétorique anti-multilatéraliste et ses coupes budgétaires, le président n'a pas encore tiré un trait sur les Nations unies -
Gestion de criseCarburants : le goutte-à-goutte de Lecornu
Le Premier ministre s'en tient à la stratégie éprouvée depuis mars malgré la pression. Mais l'argument de la dette qui empêche un geste plus large tiendra-t-il longtemps ? La décision de l'Allemagne de baisser ses taxes isole la France -
La Fabrique de l'OpinionLéon XIV en France : « Le plus important n’est pas que le pape soit admiré, mais qu’il soit écouté »
Le voyage du pape en France, qui s'annonce hors normes en termes d'affluence, intervient en pleine campagne présidentielle, et peu après la légalisation de l'aide à mourir, à laquelle l'Eglise est profondément opposée. Mgr Matthieu Rougé décrypte les enjeux et les attentes qui entourent cette visite.