Les banques centrales suisse et britannique suivent les pas de la Fed
La Banque d’Angleterre (BoE) a décidé de prolonger son resserrement en relevant son taux directeur de 25 points de base (pb) de 1% à 1,25% à l’issue de sa réunion de politique monétaire, comme c'était anticipé par la plupart des investisseurs. Il s’agit d’une cinquième hausse consécutive qui amène ses taux à un plus haut de treize ans pour tenter de tempérer la flambée de l’inflation outre-Manche.
Certains économistes, ainsi que trois de ses neuf membres ayant voté dans ce sens (Jonathan Haskel, Catherine L Mann, Michael Saunders), estimaient que la banque centrale aurait dû réaliser une hausse plus importante, de 50 pb, pour contrebalancer une hausse de taux historique de 75 pb annoncée par la Réserve fédérale américaine mercredi. La prudence de la BoE peut toutefois s’expliquer par le ralentissement récent de l'économie britannique : en avril, le PIB du Royaume-Uni s’est contracté de 0,3% par rapport à mars, après avoir reculé de 0,1% en mars et être resté stable en février. L’inflation a atteint 9%, son plus haut niveau en 40 ans, et devrait s’accélérer pour dépasser 10% et peser encore sur le pouvoir d’achat des ménages après octobre, également à cause des répercussions persistantes du Brexit.
Les marchés évaluent actuellement que le taux d’escompte sera porté à près de 3% en décembre, tandis que la livre sterling a perdu près de 1% face au dollar (1,21) jeudi, et près de 10% cette année.
Surprise en Suisse
Un peu plus tôt jeudi matin, la Banque nationale suisse (BNS) a relevé son taux directeur pour la première fois en quinze ans (2007), contre toute attente dans son cas. Ce taux est porté de -0,75% à -0,25%.
«Ce resserrement des rênes monétaires doit empêcher l’inflation de s’étendre en Suisse à un plus large cercle de biens et services, précise le communiqué. Il n’est pas exclu que de nouveaux relèvements de taux soient nécessaires dans un avenir proche pour stabiliser à moyen terme l’inflation dans la plage assimilée à la stabilité des prix», ajoute la banque helvétique.
La flambée des prix de l’énergie et de l’alimentation a porté l’inflation globale à 2,9% en rythme annuel, son plus haut niveau en quatorze ans. La BNS a révisé ses prévisions d’inflation à 2,8% pour 2022, au lieu de 2,1%, mais maintenu ses prévisions de croissance à 2,5% cette année, tablant sur une production favorable et un chômage bas si l’approvisionnement énergétique en Europe n’est pas affecté plus négativement.
La BNS a également souligné qu’elle était disposée à intervenir sur le marché des changes si nécessaire. Le franc suisse a profité de cette décision pour remonter face à l’euro, qui repasse de 1,04 à 1,02, face à la livre sterling, qui retombe de 1,22 à 1,19, et même face au dollar, qui baisse de 1 à 0,98 franc suisse.
Mercredi soir, la Réserve fédérale américaine a procédé à un tour de vis de 75 points de base pour contrer l’inflation, du jamais-vu depuis 1994.
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