Le marché des obligations sociales a trouvé son parrain
L’opération devrait faire date pour le marché, encore balbutiant, des obligations sociales. La Banque de développement du Conseil de l’Europe a placé hier 500 millions d’euros de titres destinés à financer des projets à caractère social. «La mission de la Banque de développement du Conseil de l’Europe répond parfaitement aux objectifs du marché des obligations sociales. Notre volonté était aussi de donner une impulsion à cet outil de financement», reconnaît Arturo Seco Presencio, directeur financier adjoint de cette institution financière dont le siège se trouve à Paris.
Véritablement constitué l’an dernier, avec la publication des «Social bonds guidelines», à l’image des «Green bonds principles» régissant le marché des obligations vertes, le marché des social bonds restait encore en retrait. «L’encours des social bonds est d’environ 20 milliards en équivalent dollars, soit 10% du marché global des obligations vertes et sociales», indique Dominique Duval, de l’équipe Sustainable Banking de Crédit Agricole CIB, l’une des quatre banques à avoir arrangé l’émission de la banque du Conseil de l’Europe avec DZ Bank, Goldman Sachs et Rabobank.
Pas plus chères qu’une obligation benchmark
«Le secteur public a un rôle moteur à jouer pour le développement de ce marché», appuie Pierre Blandin, responsable de l’origination pour les souverains, supranationaux et agences chez Crédit Agricole CIB. Mais selon lui, «les institutions financières privées ou les corporates peuvent aussi avoir intérêt à émettre ce type d’obligations à condition que les projets à financer répondent aux principes édictés par les Social bond guidelines».
Pour Arturo Seco Presencio, cette émission inaugurale «a permis de nous adresser à une nouvelle catégorie d’investisseurs spécialisés ESG (environnement, social et gouvernance, ndlr)» avec «un coût de financement en ligne avec nos benchmarks habituels». Le coupon a été arrêté à 0,125%, pour une maturité de 7 ans, et le spread était négatif de 20 points de base par rapport au taux mid-swaps. «Cela ne coûte pas plus cher qu’une obligation benchmark. La présence d’investisseurs ESG permet de créer une dynamique sur la fixation du prix et de réduire à la marge le niveau de prime», ajoute Pierre Blandin.
La Banque de développement du Conseil de l’Europe mobilise environ chaque année 3,5 milliards d’euros de financement, qu’elle redistribue ensuite à ses Etats membres ou à des institutions financières. Elle a prévu de revenir chaque année sur ce marché, si les conditions le permettent.
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