La Chine met la pression sur les plates-formes de bitcoin
Les autorités chinoises sont décidées à reprendre en main les opérateurs de plates-formes d’échange de bitcoins. Après avoir effectué des inspections surprises auprès des trois principaux opérateurs début janvier, la Banque populaire de Chine (PBOC) a mis en garde neuf plates-formes moins importantes sur les risques légaux encourus par les opérateurs ne respectant pas la régulation sur la lutte contre le blanchiment et le contrôle des changes, menaçant les contrevenants de fermeture administrative. Dans la foulée, BTCC, Huobi et OKCoin, qui concentraient, jusqu’à il y a peu, plus de 90% des volumes mondiaux d’échanges de la crypto-monnaie, ont annoncé la suspension temporaire des retraits de bitcoins de leurs plates-formes.
BTCC a suspendu les retraits pour 72 heures quand Huobi et OKCoin se sont donné un mois pour revoir leurs procédures de contrôle. Leurs clients peuvent toujours échanger leurs bitcoins contre des yuans mais ne peuvent plus retirer directement leurs bitcoins. Les autorités ferment ainsi un canal de contournement de la politique de contrôle des changes, les bitcoins une fois retirés pouvant être échangés contre des devises sur d’autres plates-formes étrangères.
«Le gouvernement chinois s’inquiète de la fuite des capitaux», souligne Arthur Hayes, qui dirige l’opérateur BitMEX, alors que les réserves de changes de la Chine sont tombées sous les 3.000 milliards de dollars en janvier. «Le bitcoin est vu comme un autre moyen de transférer de l’argent hors de Chine, même si la plupart des gens l’échangent pour sa valorisation onshore». D’après Chainalysis, une start-up new-yorkaise qui suit les mouvements du bitcoin, environ 2 milliards de dollars ont quitté la Chine par ce biais en 2016, une goutte d’eau dans les flux de capitaux.
Ces différentes mesures n’ont pas permis d’enrayer l’appréciation du bitcoin, qui conserve depuis le début de l’année une valorisation élevée, supérieure à 1.000 dollars en moyenne ces derniers jours d’après les données de Bitcoinity. En revanche, la mise en place de frais de transaction et l’interdiction du trading sur marge a fait chuter les volumes échangés sur les plates-formes chinoises. Alors qu’elles représentaient plus de 98% des volumes ces six derniers mois, elles ne rassemblent plus que 30% sur les sept derniers jours. Le nombre de bitcoins échangés sur les trois principales plates-formes est ainsi passé de 13,6 millions le 6 janvier à 120.000 le 9 février.
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