Les rachats chinois à l’étranger suscitent une suspicion croissante
Devant la hausse impressionnante des rachats chinois d’entreprises à l’étranger, plusieurs états froncent nettement le sourcil, et non des moindres.
Les Etats-Unis, qui disposent avec le Comité sur les investissements étrangers – le CIFUS - d’un outil efficace pour éconduire les investisseurs indésirables, font déjà bonne garde et entendent la renforcer.
Le Congrès vient ainsi de manifester son inquiétude face à l’offensive chinoise dans les médias.
Un rapport parlementaire bipartisan recommande au futur président de considérer les ambitions chinoises d’investir dans les compagnies Internet ou de divertissement à l’aune de la liberté qui sera laissée aux médias américains d’investir en retour en Chine.
La question de la réciprocité est donc clé, comme l’a montré avec éclat le débat présidentiel.
A Berlin aussi, on s’est saisi du sujet.
Le rachat cet été de Kuka, fleuron de la robotique outre-Rhin, par le chinois Midea a laissé des traces.
Si bien que l’intérêt manifesté par le fonds chinois Go Scale Capital pour Osram, la filiale d’éclairage de Siemens, a poussé le ministère allemand de l’Economie à manifester officiellement qu’il en avait pris note et que le sujet pourrait intéresser aussi l’Union européenne.
Les analystes soulignent qu’Osram contient une petite activité d’applications militaires qui pourrait suffire à bloquer un rachat.
Cela serait d’autant moins surprenant que Washington a, il y a peu, bloqué la vente de la filiale équivalente de Philips au même fonds chinois.
Au moins Berlin signifie-t-il aux acquéreurs chinois que des cessions d’actifs allemands pourraient être plus difficiles à l’avenir, sauf clairs engagements en matière d’emplois et de transferts de technologies.
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