La Banque Postale subit la morosité de la banque de détail

le 24/02/2016 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

La filiale de La Poste a vu l'activité de son réseau ralentir au second semestre, mais elle a multiplié les nouveaux partenariats en 2015.

La Banque Postale, utilisatrice de références aux notes des agences pour le calcul du risque de crédit. Photo DR.
Les encours des crédits à la consommation et des prêts immobiliers de la Banque Postale ont progressé en 2015.

La Banque Postale reste le premier centre de profits de La Poste, avec un résultat d’exploitation de 851 millions d’euros en 2015 (+1,1%). Mais elle souffre, comme ses concurrentes, du ralentissement de la banque de détail en France. La filiale de La Poste a ainsi vu son produit net bancaire annuel augmenter de 0,5% seulement dans la banque de détail, révèlent les résultats du groupe publiés hier. Son premier métier (devant l’assurance et la gestion d’actifs) affichait encore une progression de 2,5% à fin juin, et de 1,2% sur l'année 2014.

L’enseigne fait moins bien que les réseaux français de la Société Générale (+3,3% en 2015), des Banques Populaires (+2,4%), du Crédit Agricole (+1,8%) et des Caisses d’Epargne (+1,1%), mais elle échappe sur l’exercice à la baisse d’activité subie par LCL (-1,3%) et BNP Paribas (-2,4%). La performance du Crédit Mutuel-CIC sera connue jeudi, en même temps que les résultats détaillés de La Banque Postale.

Cette dernière revendique une «bonne politique commerciale» malgré la refonte de sa distribution et de sa plate-forme bancaire, qui s’ajoute au contexte économique morose et à la faiblesse des taux d’intérêt. Ses encours de crédit à la consommation ont progressé de 12,9% et son stock de crédits immobiliers a connu «une forte hausse», « intégrant une partie de rachats externes ». Plus récente, son activité de crédits aux entreprises et au secteur public local a vu ses encours progresser de 50,4%.

La filiale de La Poste espère aussi tirer les fruits de l’élargissement de son offre d’épargne et d’assurance. Dans la gestion d’actifs, le PNB a crû de 32,4%, à 144 millions d’euros, « dynamisé notamment par le succès de nouveaux fonds (…) et par un effet favorable du marché actions ».

La croissance est aussi liée à un effet de périmètre. Outre son partenariat capitalistique avec Aegon AM, La Banque Postale AM a intégré Fédéris Gestion d’Actifs, se hissant à la cinquième place du marché français avec près de 177 milliards d’actifs gérés. Elle est aussi devenue actionnaire majoritaire de Ciloger.

La stratégie de consolidation touche aussi l’assurance, où le PNB a augmenté de 4,3%, à 186 millions d’euros. La Banque Postale s'est lancé dans l'assurance santé collective avec Malakoff Médéric et la Mutuelle Générale, en échange d’une prise de participation de ces derniers dans sa filiale d’assurance. Enfin elle doit finaliser ce trimestre son nouvel accord décennal avec CNP Assurances

Sur le même sujet

A lire aussi