L’Esma plaide pour une gestion d’actifs européenne plus compétitive
L’industrie de la gestion d’actifs européenne doit travailler sur ses coûts pour mieux se développer, selon le président de l’autorité européenne des marchés financiers, l’Esma. «Les coûts de la gestion d’actifs européenne sont trop élevés à ce stade si on les compare à ceux d’autres parties du monde. Nous devrions essayer de la rendre plus compétitive et de réduire les coûts», a fait valoir Steven Maijoor hier à l’occasion des Assises européennes de la gestion, organisées à Paris par l’Association française de la gestion financière (AFG). Et d’expliquer qu’en Europe, environ 10% des ménages investissent via des fonds contre 40% aux Etats-Unis. Aux yeux du régulateur, travailler sur les prix et les coûts est d’autant plus important que l’industrie et les épargnants sont confrontés à un environnement de taux très bas.
Selon Steven Maijoor, la baisse des coûts pourrait passer par un travail des régulateurs pour réduire les barrières à l’entrée dans certains Etats membres. Il existe par exemple des différences dans les règles de marketing entre les pays européens qui sont onéreuses pour les professionnels. Le régulateur estime aussi que la baisse des coûts doit passer par le développement de la technologie dans la gestion et par le renforcement de la transparence vis-à-vis des investisseurs. Le régulateur en a profité pour défendre l’importance de la régulation Priips sur l’information des particuliers. «Nous gérons des produits à des prix très bas. Le problème que nous avons en Europe tourne autour des frais de distribution», a souhaité relativiser Daniel Roy, président du directoire de la Banque Postale AM.
Les participants au débat se sont cependant retrouvés sur l’importance de développer la gestion d’actifs en Europe pour servir les entreprises. «Lorsqu’on a besoin de certains fonds, on voit bien que ce sont les Anglo-saxons qui se mobilisent plus vite que les acteurs français», a expliqué Philippe Salle, PDG d’Elior, le groupe français de la restauration collective. «J’aimerais bien avoir plus d’actionnaires français», a-t-il poursuivi. L’importance de la finance et de la gestion pour les entreprises a aussi été souligné par Christophe Bavière, président de la société de capital-investissement Idinvest Partners. «Le cycle de l’innovation se raccourcit et le cycle de la croissance demande de plus en plus de financement et de plus en plus vite», a-t-il expliqué.
Plus d'articles du même thème
-
Boeing n’a pas surmonté tous ses obstacles dans l’aviation civile
S’il a réduit son endettement net à fin septembre, le groupe aéronautique peine toujours à augmenter le rythme de production de ses appareils monocouloirs 737 Max. -
Les salariés des caisses régionales du Crédit Agricole obtiennent près de 2,2% d’augmentation
Dans le sillage de la hausse collective accordée par BNP Paribas à la plupart de ses salariés, les banques régionales de la banque verte se montrent nettement plus généreuses que l’an dernier. -
Dans la tech, la dette ne s'envole pas chez tout le monde
Alors que la course à l’intelligence artificielle fait rage, la plupart des géants de la tech empruntent comme jamais dans leur histoire pour financer des investissements mirobolants. Par choix ou grâce à leur modèle, certains se montrent toutefois moins dispendieux. -
Worldline maintient ses perspectives annuelles
Le spécialiste des paiements confirme ses perspectives annuelles après une hausse organique de l'activité. Sur l'ensemble de l'exercice, le groupe dirigé par Pierre-Antoine Vacheron prévoit de brûler 40 à 60 millions d'euros de cash. -
Les notaires élisent leur nouveau président
Pierre Jean Meyssan, notaire à Bordeaux, succède à Bertrand Savouré qui a effectué deux mandats consécutifs à partir de 2024. -
Les émissions de dettes bancaires subordonnées ralentissent
Leurs performances moyennes calent également, mais restent meilleures que celles des autres segments du crédit, au moins pour les dettes subordonnées Additional Tier 1 (AT1).
ETF à la Une
Amundi commercialise ses premiers ETF actions gérés activement
- Amundi commercialise ses premiers ETF actions gérés activement
- Les autorités françaises publient leurs propositions sur le règlement européen MiCA
- L’AMF entend clarifier le cadre juridique des club deals immobiliers
- Natixis IM réorganise sa distribution pour soutenir sa croissance organique
- Les lobbies sont à la manœuvre alors que s'ouvre la dernière ligne droite de la révision de SFDR
Contenu de nos partenaires
-
Tout est pardonnéIran : les puissances régionales se débrouillent sans Donald Trump
De hauts représentants de l'Arabie saoudite, du Pakistan et de la Turquie se sont rendus ensemble à Téhéran pour dialoguer directement et ouvertement avec le régime iranien -
MitigéFrance 2030 : trop de subventions, pas assez de stratégie d'après la Cour des comptes
Les magistrats de la rue Cambon saluent la rapidité d'exécution du plan massif d'investissement en cours de déploiement, mais soulignent aussi ses défauts stratégiques -
Mauvais endroit, mauvais momentLoi casseurs-payeurs : la fin de l'impunité ?
Responsabilité collective, sanctions sur les prestations sociales, contrôle des contenus en ligne : la loi, examinée au Sénat, promet fermeté et autorité. Mais elle bouscule aussi la liberté de manifester