Les autorités surveillent l’assurance-vie et l’immobilier
Le Haut Conseil de Stabilité Financière (HCSF) reste vigilant sur l’impact des taux bas sur les compagnies d’assurances et sur la dynamique des prix de l’immobilier commercial. Réuni lundi soir, ce groupe d’experts placé auprès du ministre des Finances et chargé de prévenir les risques systémiques ne devrait pas exiger à court terme des banques qu’elles aient un coussin de fonds propres contracyclique, compte tenu de la dynamique du crédit.
Le HCSF dit continuer à surveiller «avec attention» les effets des taux bas sur les assureurs. Alors que les taux négatifs se généralisent, il considère que «l’ajustement à la baisse des rémunérations des contrats d’assurance-vie intervenu en 2015 a été insuffisant». Les taux servis aux assurés ont diminué de 0,27 point en 2015 alors le rendement de l’OAT a baissé en parallèle de 0,81 point, souligne le rapport annuel du HCSF. Il rappelle, à ce titre, que le projet de loi Sapin 2 en discussion va étendre ses pouvoirs en lui permettant d’adopter des mesures contracycliques dans le domaine de l’assurance.
Le HCSF a également décidé de «maintenir sa vigilance» vis-à-vis de l’évolution du marché de l’immobilier commercial après avoir mené une consultation publique au printemps. Dans son rapport, il recense les outils qui pourraient prévenir une bulle sur ce marché. Les superviseurs pourraient ainsi conduire des stress tests pour mesurer la capacité des acteurs financiers à résister à un choc. Ils pourraient relever, pour les banques, les pondérations des expositions en immobilier commercial ou augmenter les exigences en fonds propres pour ces expositions. Les assureurs pourraient se voir imposer des exigences en capital supplémentaires, tandis que les gérants d’actifs pourraient devoir se plier à une limitation du levier ou des possibilités de rachats pour leurs fonds. Le HCSF souligne cependant que «l’efficacité de l’intervention nécessite que les mesures s’appliquent à tous les acteurs, français et étrangers», ce que ne prévoit pas toujours la réglementation.
Le HCSF conclut en soulignant que les politiques macroprudentielles qui fixent par exemple des limites d’endettement pour les emprunteurs ont l’avantage d’agir sur «la dynamique du crédit comme sur la résilience des emprunteurs». Pour être efficaces, ces mesures devraient s’appliquer à «l’ensemble de prêteurs potentiels» et pas seulement aux banques.
Plus d'articles du même thème
-
SGSS remporte un mandat auprès d'un gestionnaire italien
Le gestionnaire immobilier italien Kryalos SGR, dont les encours s'élèvent à 15 milliards d’euros, a sélectionné Société Générale Securities Services (SGSS) en qualité de dépositaire de ses fonds immobiliers en Italie. SGSS fournit déjà des services à Kryalos SGR pour certaines de ses activités sur le territoire italien. -
DWS limite drastiquement les demandes de rachats sur un fonds immobilier
Le gestionnaire d'actifs allemand ne traitera que 10% des demandes de rachats dans le fonds Grundbesitz Europa. -
EXCLUSIFL’AMF entend clarifier le cadre juridique des club deals immobiliers
L’Autorité des marchés financiers veut préciser, dans une doctrine dédiée, les critères permettant de distinguer les club deals régulés ou relevant de la catégorie des « autres FIA » de ceux pouvant conserver leur statut non régulé.
Sujets d'actualité
ETF à la Une
Amundi commercialise ses premiers ETF actions gérés activement
- Le diable se cache dans les détails, Safran l'apprend à ses dépens
- Le taux souverain français dépasse 5%
- Les banques françaises restent très dépendantes de leur marché domestique
- Les autorités françaises publient leurs propositions sur le règlement européen MiCA
- La croissance d'Hermès ralentit et son titre plonge
Contenu de nos partenaires
-
Tout est pardonnéIran : les puissances régionales se débrouillent sans Donald Trump
De hauts représentants de l'Arabie saoudite, du Pakistan et de la Turquie se sont rendus ensemble à Téhéran pour dialoguer directement et ouvertement avec le régime iranien -
MitigéFrance 2030 : trop de subventions, pas assez de stratégie d'après la Cour des comptes
Les magistrats de la rue Cambon saluent la rapidité d'exécution du plan massif d'investissement en cours de déploiement, mais soulignent aussi ses défauts stratégiques -
Mauvais endroit, mauvais momentLoi casseurs-payeurs : la fin de l'impunité ?
Responsabilité collective, sanctions sur les prestations sociales, contrôle des contenus en ligne : la loi, examinée au Sénat, promet fermeté et autorité. Mais elle bouscule aussi la liberté de manifester