Le nouveau taux de change du bolivar vénézuélien tombe à plat

le 16/02/2015 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

Pour sa première journée de cotation, le cours de la devise flexible a dévissé de 69% contre dollar pour un accès soumis à de nombreuses restrictions.

L'écran de fumée du gouvernement vénézuélien n'a pas fonctionné. Le premier jour de cotation du nouveau taux de change du bolivar instauré la semaine dernière a été marqué par une dépréciation de sa valeur contre dollar de 69%. La banque centrale du pays a indiqué vendredi que sa cotation moyenne avait été de 170. Un niveau certes inférieur à sa cotation de 189,55 sur le marché noir mais 27 fois supérieur au taux de change officiel (Cencoex) qui prévaut pour la convertibilité des échanges extérieurs du pays.

Si le but affiché de ce nouveau régime de changes (Simadi) est de regagner la confiance des investisseurs en instaurant une devise flexible, le détail des nouvelles opérations révèle qu’«en pratique, on est loin d’un marché libre pour les particuliers», estime BNP Paribas.

Le nouveau régime, qui s’applique aux entreprises et aux particuliers, est soumis à de nombreuses restrictions. Les acteurs souhaitant y prendre part doivent détenir un compte en dollars dans une banque vénézuélienne et prouver l’origine et la destination des fonds utilisés. Les opérations de détail sont limitées à 300 dollars par jour, 2.000 dollars par mois et 10.000 dollars par an, alors que le montant minimum de devise dure autorisée à la cotation par l’intermédiaire des banques est de 3.000 dollars. «Le nouveau marché offre certes aux sociétés étrangères ayant une activité au Venezuela un moyen légal de rapatrier leurs profits, mais en concédant une décote très importante», indique BNP Paribas. Or, le montant des arriérés dû par le pays est estimé à 23 milliards de dollars.

«La persistance d’une très forte distorsion entre les différents marchés de change rendra encore plus difficile la réalisation des économies nécessaires dans le nouveau contexte de faiblesse des prix du pétrole», ajoute Barclays. Elle a pourtant déjà fait fondre les recettes fiscales et grimper le déficit public à 19% du PIB, et tari la première source d’approvisionnement en dollars du pays, le contraignant ainsi à solliciter un nouveau prêt de 20 milliards de dollars auprès de la Chine.

«S’assurer d’une source de financement pérenne pour le système de changes dépendra d’autres mesures économiques nécessaires: des coupes budgétaires drastiques, l’arrêt de sa monétisation par la banque centrale et le Trésor vénézuéliens et la réduction de l’inflation anticipée à 70% cette année», explique BNP Paribas.

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