Après une première opération de LBO orchestrée par Ciclad en 2016, puis une deuxième réalisée par LBO France en 2019, Infodis repart pour une nouvelle aventure avec HLD. La société d’investissement reprend le contrôle du groupe d’infogérance et d’infrastructures IT, aux côtés du management et de son président, Stéphane Clément. Pour cette opération, «nous avons investi un ticket dans le bas de notre fourchette cible, afin d’accompagner Infodis dans une stratégie de build up et dès lors de pouvoir réinvestir à chacune des opportunités de croissance externe», annonce à L’Agefi Cédric Boxberger, associé chez HLD. Les tickets mis par la société évoluent entre 20 et 500 millions d’euros. Infodis entend dans cette nouvelle étape enrichir son portefeuille de services et étendre son maillage géographique en France, mais également à l’international. La société vise ainsi un doublement de son chiffre d’affaires à 100 millions d’euros dès 2024. Phase de due diligence allongée Aux côtés des fonds propres, qui permettent à LBO France et à plusieurs fondateurs de la société de sortir intégralement, une part de dette unitranche est apportée par Muzinich. A l’heure où le marché bancaire s’est globalement refermé concernant les financements à effet de levier, «nous avons constaté un fort appétit des prêteurs pour cette opération, qui porte sur une société très bien gérée, avec un beau portefeuille de clients et opérant sur un secteur résilient, ayant le vent en poupe depuis le Covid», explique Cédric Boxberger. Dans le cadre de la stratégie de build-up d’Infodis, «nous avons préféré opter pour un seul financeur unitranche, ce qui offre davantage de souplesse qu’avec un pool de banques», détaille Cédric Boxberger. Cette dette induit un levier modéré, de 4 à 4,5 fois le résultat brut d’exploitation (Ebitda), alors que le marché se situeplutôt aujourd’hui sur un levier compris entre 5 et 6 fois. Initié en août dernier, le processus de vente s’est clôturé fin décembre. Dans un environnement macroéconomique plus difficile, «les premières phases d’investissement se sont rallongées, avec des due diligences plus approfondies. La phase d’audit a pris un mois et demi dans le cadre de l’opération, là où elle pouvait ne durer que quinze jours pour certaines transactions l’an passé», indique Cédric Boxberger.
Rien ne semble assouvir les appétits d’Elliott Management. En quelques jours, le puissant investisseur activiste est entré au capital de plusieurs groupes technologiques de premier plan. Le contexte s’y prête. L’an dernier, les entreprises numériques ont représenté 27% des campagnes américaines des investisseurs activistes, bien au-delà de la moyenne de 16% des années précédentes, d’après la dernière étude trimestrielle de Lazard. Logique: «ils ont profité des valorisations historiquement basses du secteur», et donc de l’affaiblissement potentiel de ces entreprises, relève la banque d’affaires. A leur habitude, ces activistes «ont exhorté les entreprises technologiques à réduire leurs coûts, et à repenser la viabilité de leurs stratégies de croissance», poursuit l’étude. Au passage, ils pointent souvent du doigt leur gouvernance, réclamant parfois au passage un siège au conseil d’administration. Elliotts’inscrit dans cette logique. Vantage Towers, la cible parfaite Dernière cible en date: le «TowerCo» allemand Vantage Towers, dans lequel Elliott a déclaré qu’il détenait 5,6% du total des droits de vote au 24 janvier, d’après un dossier réglementaire publié ce mardi. L’opérateur d’infrastructures mobiles passivescréé par l’opérateur télécom britannique Vodafone est une nouvelle cible de taille pour le fonds créé par Paul Singer,: c’est son premier «TowerCo», qui exploite des dizaines de milliers de tours mobiles dans 10 pays européens, dont le Royaume-Uni. Elliott arrive dans un contexte agité pour les TowerCo: alors qu’ils figuraient parmi les actifs les plus valorisés dans les télécoms à l’ère de la dette bon marché, la hausse des taux d’intérêt a changé la donne, faisant grimper le coût du passif pour ces entreprises endettées, et faisant chuter leurs actions. Vantage est en outre en pleine mutation: Vodafone a transféré récemment sa participation de 82% dans Vantage à une nouvelle entité qu’il contrôle conjointement avec un groupe d’investisseurs privés comprenant KKR, le Fonds d’investissement public saoudien et Global Infrastructure Partners. Western Digital et Salesforce dans son portefeuille Autre nouvelle cible pour Elliott, dévoilée aussi mardi: le fabricant américain de disques durs Western Digital. Il recevra 900 millions de dollars (824 millions d’euros) via un accord d’actions privilégiées et d’actions convertibles (convertible preferred stock) par Elliott et la société de capital-investissement Apollo Global. Les actions privilégiées vendues à Apollo et Elliott ont un prix de conversion de 47,75 dollars par action, soit une prime d’environ 9% par rapport à son cours de clôture de 43,95 dollars mardi. Western Digital versera aussi un dividende à partir de 6,25% par an. Déjà en fin d’année dernière, Elliott avait divulgué une participation de près d’un milliard de dollars dans l’entreprise. Ses premières revendications ont été entendues: Western Digital a lancé un examen stratégique, notamment pour scinder ses activités de mémoire flash et de disque dur. Et le 24 janvier, Elliott avait annoncéson entrée au capital du vénérable fournisseur japonais de pièces de batteries coté Dai Nippon Printing. Avec un peu moins de 5% de participation, pour une valeur de 300 millions de dollars, il en est le troisième plus grand actionnaire externe. En janvier,le fonds activiste avait déjà frappé fort en entrantau capital d’un puissant groupe technologique américain, l’éditeur de logiciels professionnels Salesforce, avec une participation de plusieurs milliards de dollars. Pile au moment où le géant américain connaît une période de turbulences, entre un ralentissement de son activité, qui l’a contraint à annoncer début janvier le licenciement prochainde 10% de ses effectifs; et un problème de gouvernance, avec le départ imminent de sonco-PDG Bret Taylor, qui laisse le fondateur Marc Benioff comme seul PDG. Les revendications d’Elliott: un meilleur contrôle des coûts – il critique des acquisitions coûteuses comme celle de Slack pour 27,7 milliards de dollars - et un remaniement de la direction de la société. Par volonté d’apaisement, Salesforce a annoncé dès le 30 janvier la nomination de trois nouveaux administrateurs. Elliott s’est aussi fait une place chez des éditeurs de médias sociaux affaiblis, tel Pinterest, en proie à une diminution de son audience. Il s’est invité à son capital en juillet 2022, et obtenu en fin d’année un siège au conseil d’administration avec la nomination de son gestionnaire de portefeuille Marc Steinberg, peu après avoir triplé sa participation. Par le passé, il a aussi siégé au board de Twitter, jusqu’à son rachat par le milliardaire Elon Musk. Il avait mené une campagne critique à l’encontre de la direction de Twitter début 2020 et obtenu un siège au conseil d’administration l’année dernière.
Le général de l’Armée de l’air Stéphane Abrial analyse les enjeux du financement du secteur de la défense, alors que le conflit russo-ukrainien nourrit les débats sur la préservation de la souveraineté européenne.
Financement. InvestEU, le programme du groupe BEI – comprenant la Banque européenne d’investissement, sa filiale le Fonds européen d’investissement (FEI) et la Commission européenne – visant à investir d’ici à 2027 quelque 372 milliards d’euros dans la Communauté européenne, commence à être déployé en France. Il s’agit de financer les priorités stratégiques de l’Union européenne telles que le Pacte vert européen, la transition numérique et des projets à vocation sociale et d’intérêt général dans l’éducation, la santé ou encore le logement. Un minimum de 30 % de ces financements seront dédiés à des investissements destinés à lutter contre le changement climatique.
KKR a annoncé ce 31 janvier, la signature d’un partenariat stratégique avec Amit Agarwal, un ancien cadre supérieur de Thermo Fisher et d’Omega Engineering, et Andy Silvernail, conseiller exécutif de KKR et ancien président-directeur général de Idex Corporation, afin d’acquérir et de créer des entreprises dans le secteur des tests, de l’inspection et de la certification («TIC»). C’est la stratégie «Ascendant» de KKR qui va engager jusqu'à 250 millions de dollars de financement pour la nouvelle plateforme qui aura un mandat flexible pour investir dans des services externalisés TIC de pointe et dans des capacités de fabrication et de distribution d’instruments pour des marchés finaux jugés attrayants. Selon Amit Agarwal, le secteur des TIC représenterait un marché mondial de plus de 330 milliards de dollars. La stratégie Ascendant de KKR, investit dans des entreprises en Amérique du Nord dans le cadre de la plateforme Americas Private Equity de KKR.
L’américain Hindenburg, spécialisé dans la vente à découvert, affirme que la valorisation du groupe de l’indien Gautam Adani, troisième fortune mondiale, est artificiellement gonflée par des manipulations illégales, relate les Echos. La société s’appuie sur le résultat de deux ans d’enquête publiées mardi dans un rapport intitulé «Comment le troisième homme le plus riche du monde a monté la plus grande escroquerie de l’histoire des affaires». Une nébuleuse de sociétés offshore contrôlées par des proches de Gautam Adani et installées dans des paradis fiscaux serait utilisée par le groupe à des fins de corruption, de blanchiment d’argent et de fraude fiscale, écrit le quotidien. Le groupe a tout nié en bloc, ce qui n’a pas empêché les titres de ses sociétés concernées de reculer en Bourse.
JPMorgan Asset Management vient de recevoir l’autorisation du régulateur chinois, la China Securities Regulatory Commission, afin d’être le seul actionnaire de sa société de gestion d’actifs en Chine, selon Reuters. La société de gestion américaine détient actuellement une participation de 49% de son entité chinoise dénommée China International Fund Management Co. (CIFM). JP Morgan a annoncé en 2020 son intention de prendre la totalité du capital de cette entité. Elle a trouvé un accord financier avec son partenaire local, Shanghai International Trust Co, en avril 2022, pour acquérir ses 51% pour environ 1 milliard de dollars.
Roger Merz, responsable de la gestion de portefeuilles mtx, gérant de portefeuille senior, et Thomas Schaffner, gérant de portefeuille senior chez Vontobel
Le fabricant d’emballages en verre Verallia a annoncé jeudi la construction de deux nouveaux fours d’ici à 2026, en précisant que ces deux installations seront situées en Espagne et en Italie. Ces fours s’ajoutent à ceux prévus dans son plan stratégique 2022-2024 qui visait la construction de trois nouveaux fours, soit un par an, avec pour objectif d’accroître sa capacité de production d’environ 400 kilotonnes par an d’ici 2024. Le premier four a été mis en service fin 2022 à Jacutinga, au Brésil. Le groupe a ajouté que les deux autres fours, dont la construction a déjà été lancée, seraient complètement opérationnels durant l’année 2024. Ces fours sont localisés à Campo Bom, au Brésil, et à Pescia, en Italie.
Après une année 2022 compliquée pour les marchés financiers, Vincent Chaigneau, directeur de la recherche de Generali Investments, analyse les éléments qui devraient rythmer 2023.
QatarEnergy a annoncé dimanche sa décision finale d’investissement dans le complexe Ras Laffan Petrochemicals avec son partenaire américain Chevron Phillips Chemical, un projet à 6 milliards de dollars (5,6 milliards d’euros) considéré comme le plus important du genre au Moyen-Orient. Le complexe, qui devrait être mis en service en 2026, inclut une unité de vapocraquage d'éthane d’une capacité de 2,1 millions de dollars d'éthylène par an. Le site intégré inclut aussi deux unités de dérivés de polyéthylène à haute densité d’une capacité totale de 1,7 millions de tonnes par an, a précisé le patron de QatarEnergy, Saad al-Kaabi Kaabi. Annoncé initialement en 2019, ce projet souligne la volonté des producteurs de pétrole du Moyen-Orient de se renforcer dans la pétrochimie afin de trouver de nouveaux marchés. Le complexe sera détenu à 70% par le groupe public QatarEnergy et à 30% par Chevron Phillips Chemicals.
La Coupe du Monde de football au Qatar a braqué les projecteurs sur le sort des travailleurs migrants et la question plus vaste de l’esclavage moderne. C’est ce sujet dont l’équipe actionnariat actif de Robeco veut s’emparer pour son programme d’engagement 2023. Le choix de ce thème s’inscrit dans la continuité du travail précédemment réalisé par Robeco pour augmenter les « salaires vitaux » dans les industries à bas salaires, où le piège de la pauvreté oblige les gens à travailler dans des conditions parfois dangereuses. Il fait également suite aux thèmes d’engagement visant à améliorer les conditions de travail dans le monde post-covid et à détecter les violations des droits humains dans les chaînes d’approvisionnement situées en zone de conflit. Ce thème se concentrera sur les secteurs où le travail forcé est un sujet préoccupant, parmi lesquels la consommation de base, la consommation cyclique, les technologies et la santé, principalement dans la région Asie-Pacifique. Les entreprises avec lesquelles l’équipe entend dialoguer n’ont toutefois pas encore été sélectionnées. « Dialoguer avec les entreprises investies pour les inciter à respecter les droits humains est non seulement une obligation claire pour les investisseurs, mais aussi une occasion d’identifier et d’atténuer les risques auxquels ces firmes seront peut-être confrontées à l’avenir », explique Yumi Fujita, spécialiste de l’engagement en charge de ce thème. L’engagement de Robeco vise à améliorer la visibilité sur les chaînes d’approvisionnement et les pratiques de travail des entreprises, en intégrant des processus responsables en matière d’achats et de vérification diligente des droits humains. L’équipe compte également sur les entreprises pour qu’elles travaillent avec les fournisseurs et les parties prenantes à la mise en place d’actions correctives et de réparations, et qu’elles en assurent un suivi continu. Robeco a également choisi deux autres thèmes: la transition juste et la transparence fiscale.
Baroda BNP Paribas Asset Management Company, la joint-venture indienne entre BNP Paribas AM et Bank of Baroda, vient de lancer un fonds multi-actifs. Dénommé Baroda BNP Paribas Multi Asset Fund, ce véhicule ouvert investira dans des actions, des obligations et des ETF d’or. Ce fonds a déjà levé 12,34 milliards de roupies (140 millions d’euros) entre le 28 novembre et le 12 décembre, lors de sa phase de lancement. La joint-venture indienne de BNP Paribas AM a également lancé un fonds actions dénommé Flexi Cap Fund il y a quelques mois. La société de gestion française a démarré sa joint-venture avec Baroda Asset Management en mars dernier, après avoir annoncé ce projet en 2019. Au sein de la joint-venture, Bank of Baroda compte une participation de 50,1% tandis que BNPP AM possède 49,9%.
Le fonds suédois EQT a annoncé qu’il allait céder 50% du capital de la Saur,spécialiste de la gestion de l’eau, au fonds d’infrastructures néerlandais DIF Capital Partners et au fonds de pension néerlandais PGGM. Saur pourrait être valorisée plus de 3 milliards d’euros. La finalisation de la transaction est attendue au deuxième trimestre 2023. Saur a annoncé, de son côté, qu’il soutenait cette opération. «Accueillir PGGM et DIF Capital Partners aux côtés d’EQT représenterait une formidable opportunité pour Saur de se développer plus vite et plus fort», s’est félicité Patrick Blethon, le président exécutif du groupe Saur. Dès le mois de février, le marché évoquait cette cession, Rothschild & Co, banque conseil d’EQT étant à la manœuvre. UBS a conseillé les futurs acquéreurs, PGGM et DIF. EQT avait acquis Saur en 2018. Le prix évoqué à l’époque était de plus de 1,5milliard d’euros, soit environ 11fois l’Ebitda 2018, de 135millions d’euros. En 2021, Saur a dégagé un chiffre d’affaires de 1,7milliard d’euros (+16,7% et +8,4% en organique), pour 245millions d’euros d’Ebitda (+31,5%). Pour 2022, la société vise une croissance à deux chiffres de ses ventes et espère flirter avec les 2milliards d’euros. Cette sortie partielle d’EQT du capital permettra à Saur d’élargir son actionnariat et de bénéficier de «nouvelles ressources et compétences pour soutenir le développement à long terme de sa plateforme d’infrastructures hydrauliques», précise EQT. Ce dernier veut continuer à accompagner Saur et à profiter de sa création de valeur. Depuis 2018, le fonds suédois se félicite d’avoir soutenu le groupe français dans sa stratégie de croissance, avec notamment 15acquisitions, le développement au Portugal et en Amérique du Nord, et celui de la nouvelle division Industrial Water Solutions. Saur, numéro trois français de l’eau, derrière Veolia et Suez, se fixe pour objectif de devenir le leader de la transition hydrique d’ici à 2030, en se renforçant dans les infrastructures de l’eau en France et dans la péninsule ibérique, en accélérant son expansion géographique et en développant sa division Industrial Water Solutions. D’ici à 2030, Saur compte doubler son chiffre d’affaires, à 4 milliards d’euros, a précisé Patrick Blethon à l’AFP.
Au mois de janvier, la Suède prendra la présidence tournante du Conseil de l’Union européenne, après la France. La politique étrangère et la sécurité figurent en tête de ses priorités.