Les banques européennes pourraient voir leurs «stress tests» adaptés

le 23/01/2020 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

L’EBA a proposé des tests «autoréalisés» en parallèle de ceux du superviseur.

Jose Manuel Campa, président de l’Autorité bancaire européenne (EBA).
Jose Manuel Campa, président de l’Autorité bancaire européenne (EBA).
(Photo EBA.)

L’Autorité bancaire européenne (EBA) a lancé, mercredi et jusqu’au 30 avril, une consultation sur d'éventuelles modifications des tests de résistance bancaire européens afin de les rendre «plus informatifs, flexibles et rentables», selon son président Jose Manuel Campa. En place depuis 2011, les «stress tests» actuels ont contribué à améliorer la résilience et la transparence du secteur après la crise financière, mais ils faisaient généralement l’objet de deux critiques : d’une part, ils ne donnaient pas forcément lieu à des conclusions ou à des mesures correctives automatiques, notamment faute de véritable comparabilité des problèmes ; d’autre part, ils ne prenaient pas assez en compte les spécificités de chaque banque.

Le nouveau cadre tente d’y répondre, se voulant à la fois plus équilibré sur cette notion de comparabilité et plus flexible afin d'identifier les risques idiosyncratiques. L’EBA propose deux types de tests qui seraient publiés en même temps à l’avenir. D’une part, les tests réalisés par l’autorité de supervision selon des critères et scénarios précis prédéfinis par elle, mais avec des données divulguées au marché moins granulaires – ces stress tests serviront directement à la définition du P2G dans le cadre de la norme de supervision bancaire (SREP), qui intègre un pilier 1 (commun à toutes les banques à 4,5% des actifs pondérés par les risques, RWA), un pilier 2 requis (P2R, exigences) et donc un pilier 2 recommandé (P2G, recommandations) par le superviseur. D’autre part, les tests réalisés par les banques elles-mêmes selon les mêmes critères et scénarios prédéfinis par le superviseur, mais selon une méthodologie moins normative qu'aujourd'hui, qui leur donnerait plus de latitude dans le calcul de leurs projections. Les résultats de ces tests seraient publiés, «sachant que les banques devront justifier au travers de ces données les différences de méthodologie de calcul permettant d’arriver à leurs conclusions, ainsi que les éventuels écarts de résultats avec les tests du superviseur», rappelle Miguel Raminhos, analyste spécialisé chez Natixis.

La consultation doit notamment permettre d’établir sous quelle forme les besoins de capitaux mis en exergue par les stress tests devraient être divulgués aux marchés : celle d’un P2G par banque ; celle d’une fourchette de P2G par groupe de banques ; celle de l’impact en fonds propres CET 1 permettant d’en déduire l’impact en termes de P2G. «Sachant que ce pilier n’a rien de contraignant, qu’il reste une simple recommandation», ajoute Miguel Raminhos.

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