Le calendrier du Brexit se resserre encore
Michel Barnier a adopté un ton plutôt conciliant hier soir, lors de la clôture d’une nouvelle session de négociation «Brexit». Tout en restant ferme sur le fond : «Nous devons fournir une énergie renouvelée pour ces négociations», a-t-il déclaré à la presse.
Le temps, en effet, commence sérieusement à manquer pour finaliser l’accord de retrait qui permettra à Londres de quitter le marché unique sans à-coup. La sortie sera effective fin mars, et l’accord doit auparavant avoir été ratifié par le Parlement européen et les Etats membres. Ce qui implique que les négociations elles-mêmes doivent être achevées quelques mois plus tôt - Michel Barnier visait initialement le mois d’octobre 2018.
Sur le fond, plusieurs questions cruciales sont encore ouvertes, malgré plus d’un an de négociation sur le sujet. La publication du white paper britannique a bien permis de relancer certaines discussions, mais contient des propositions inacceptables pour la partie européenne.
Round suivant mi-août
Sur la question des douanes, par exemple, le Royaume-Uni propose de percevoir pour l’UE les droits de douane de produits entrant en Angleterre mais visant l’UE comme destination finale. Ce qui reviendrait à confier la perception d’impôts européens à Londres - hors de question pour Bruxelles.
Sur le «filet de sécurité» (backstop) visant à assurer l’intégrité de l’Irlande, Theresa May veut le mettre en place via une inclusion de facto de son pays dans l’union douanière européenne. Ce qui reviendrait à créer une sorte d’union «à la carte» avec l’UE, ce que refusent les négociateurs européens.
Enfin, les deux partenaires ont encore du travail avant de s’accorder sur la forme exacte que prendra l’accord commercial qui les liera dans le futur. «Il est compliqué de trouver un terrain d’entente sur la relation économique», a admis Barnier.
En échange, le secrétaire d’Etat britannique Dominic Raab a menacé hier de revenir sur la facture de sortie - la fameuse «Brexit bill» pourtant agréée en décembre dernier par son prédecesseur David Davis. «Il n’a d’accord sur rien tant qu’il n’y a pas d’accord sur tout», a-t-il résumé.
Les deux parties ont convenu hier de se revoir à la mi-août pour continuer leurs discussions. En attendant, la Commission européenne s’attend ouvertement au pire : dans une communication publiée la semaine dernière, elle appelait l’ensemble des acteurs économiques à se préparer à un Brexit sans accord.
Plus d'articles du même thème
-
L’Italie progresse vers la création d’un groupe numérique souverain
Le conseil d’administration de Telecom Italia a approuvé de manière unanime l’offre publique d’achat de Poste Italiane qui valorise sa cible à 10,8 milliards d’euros. -
Le secteur technologique suscite le doute en Bourse
L’indice des valeurs exposées au secteur des semiconducteurs a perdu 20% depuis son pic du 22 juin, actant son entrée en «bear market», tout comme le Kospi coréen. Les investisseurs s'interrogent sur l'opportunité de se positionner sur les puces mémoires, les infrastructures, les hyperscalers, ou des modèles plus légers. -
L’Autorité de la concurrence alerte sur les risques de monopoles dans l’IA appliquée au e-commerce
Face au développement rapide des agents d'intelligence artificielle dotés d’autonomie, l'Autorité de la concurrence a mis en garde dans un avis, publié vendredi 17 juillet, contre le risque de voir quelques grands acteurs comme OpenAI renforcer leur domination sur l'économie numérique et le e-commerce. -
Les investisseurs scrutent le risque politique français
Le spread entre l’OAT et le Bund a progressé à 80 pb après la décision de justice qui a ouvert la voie à une candidature de Marine Le Pen à l'élection présidentielle. Les investisseurs étrangers s’inquiètent. D’autres échéances politiques, comme au Royaume-Uni, animent également les marchés. -
Les économistes tentent d’évaluer le coût des canicules
Face à la répétition des vagues de chaleur, l’Europe subit un choc d’offre structurel qui détruit la productivité du travail à court terme et menace d’asphyxier l’investissement à long terme. En France, ce scénario de crise pourrait coûter plus de 270 milliards d’euros cumulés d’ici à 2030. -
La France a les atouts pour relancer sa compétitivité
Les très grandes entreprises nationales affichent des gains de productivité plus élevés que dans le reste de l’Europe, grâce essentiellement à leur croissance et non par des réductions d’effectifs. En revanche, la France manque cruellement d’entreprises innovantes parmi ses grands champions.
ETF à la Une
La Corée du Sud suspend la cotation des ETF à effet de levier
- Natixis Investment Managers crée sa plateforme d’ETF actifs
- BlackRock dépasse les 15.000 milliards de dollars d’encours sous gestion
- Amundi va générer une plus-value de 300 millions d'euros avec l'IPO de SBI FM
- Alséa Partners relance le pari de la gestion « quality growth » en partenariat avec Quaero Capital
- Goldman Sachs enregistre des encours record au deuxième trimestre 2026
Contenu de nos partenaires
-
Think againRoyaume-Uni : Andy Burnham peut-il faire entrer la gauche dans le XXIe siècle ?
Le nouveau premier ministre britannique a certes obtenu des résultats comme maire de Manchester. Mais un Etat ne se gère pas comme une ville, et sa ligne demeure ambiguë -
Courant alternatifFace à la Chine et aux Etats-Unis, les puissances moyennes se réveillent
Porté par le rejet grandissant de la brutalité américaine, le Premier ministre canadien Mark Carney s'est imposé, depuis son discours de Davos, comme le chef de file d'une troisième voie pour peser face à Washington et Pékin -
EditorialParanoïa contre pensée unique : sur les ingérences, un débat devenu fou
La polémique enfle ces derniers jours autour d’un rapport sénatorial sur « la régulation de l’information dans l’espace numérique ». Ses critiques lui reprochent d’emprunter une pente liberticide sous prétexte de lutte contre la désinformation. A raison, au moins en partie.