Londres et l’Europe s’entendent sur les conditions du Brexit
La Grande-Bretagne et l’Union européenne (UE) sont parvenues, vendredi matin tôt, à un accord sur trois points majeurs des modalités de leur divorce, portant sur les conditions financières, le statut des expatriés et les moyens d'éviter le rétablissement d’une frontière effective en Irlande, ont annoncé les deux parties dans un document publié à cette occasion.
Ce rapport ne précise pas le montant que la Grande-Bretagne devra verser à l’UE en raison de sa sortie en 2019 mais «les deux parties sont convenues d’une méthodologie pour le règlement financier».
Au sujet de l’Irlande du Nord, membre du Royaume-Uni, il est établi que, sauf accord contraire, Londres va maintenir en Irlande du Nord une législation alignée sur celle du marché intérieur de l’Union européenne et de l’union douanière afin d'éviter la nécessité d’une frontière avec la République d’Irlande, qui va rester au sein de l’UE.
«En l’absence de solutions convenues, le Royaume-Uni maintiendra un alignement complet avec les règles du marché intérieur et de l’union douanière, qui, maintenant ou à l’avenir, soutiennent la coopération Nord-Sud, l'économie de l’ensemble de l'île et la préservation de l’accord de 1998", est-il écrit dans ce document.
L’accord du Vendredi-Saint signé en 1998 a mis fin à des décennies de violences entre républicains catholiques et protestants unionistes en Irlande du Nord.
Au sujet des droits des expatriés, Jean-Claude Juncker, le président de la Commission européenne, a déclaré que la Cour de Justice de l’Union européenne resterait compétente pour garantir les droits des Européens établis au Royaume-Uni.
Il est toutefois écrit dans le rapport conjoint que les tribunaux britanniques disposeront d’un droit de regard sur les décisions prises par la juridiction européenne après le Brexit.
Il revient désormais au Conseil européen, instance qui regroupe les dirigeants des Etats membres, de valider le constat de la Commission, ce qui permettra d’ouvrir la deuxième phase des négociations consacrée à la «future relation» entre l’UE à 27 et Londres, notamment commerciale.
Donald Tusk propose de commencer tout de suite les négociations sur une période de transition après la date effective du Brexit, prévu fin mars 2019.
Les Européens ont «naturellement» leurs conditions pour cette transition durant laquelle le Royaume-Uni resterait membre du marché unique et de l’Union douanière, demandée par Theresa May elle-même.
Les Britanniques seraient alors soumis à la législation de l’UE, y compris les nouvelles lois votées, mais sans participer au processus de décision.
Plus d'articles du même thème
-
L’Europe renforce la protection de son marché de l’acier
Le dernier train de mesures arrivant à échéance, les institutions européennes ont décidé de renforcer les droits de douane et les contingents d’importation afin d’assurer la survie des aciéristes du Vieux Continent. -
Le marché du gaz naturel livre ses paradoxes
Les cours du gaz naturel ne progressent pratiquement plus en Europe et en Asie depuis des semaines, grâce aux espoirs sur l’ouverture du détroit d’Ormuz et une demande jusque-là contenue. Les hedge funds font le pari d’une normalisation des prix au second semestre. Mais tous les analystes ne sont pas d’accord. -
L’Europe reporte de trois ans la finalisation du cadre réglementaire bancaire de Bâle
Les banques européennes bénéficieront d’un sursis supplémentaire pour appliquer les normes de Bâle relatives aux risques de marché. L’Europe attend de voir comment les Etats-Unis ou la Grande-Bretagne appliqueront ces normes.
ETF à la Une
WisdomTree rejoint la course aux ETF spatiaux en Europe
- L'extravagante valorisation de SpaceX suscite le vertige
- Les banques affûtent leur stratégie de conquête dans l’immobilier
- Airbus se dirige vers un deuxième trimestre réjouissant
- La stratégie d'investissement de détail européenne provoque une poussée de fièvre côté français
- Des manquements déclaratifs pourraient coûter 1,8 million d’euros à Bourse Direct
Contenu de nos partenaires
-
Défausse ou défense ?Affaire Lyhanna : Gérald Darmanin renvoie les magistrats à leurs responsabilités
« S’il y a eu des défaillances, il y aura des sanctions », a prévenu le ministre de la Justice, lundi. Encore faudra-t-il qualifier ces éventuelles fautes -
Affaire Lyhanna, justice criminelle : Gérald Darmanin sur tous les fronts
L'examen du projet de loi sur la justice criminelle a débuté lundi à l'Assemblée nationale, par l'audition en commission des Lois du ministre. Au cœur des critiques que suscite l'affaire Lyhanna, le garde des Sceaux doit désormais s'assurer de l'adoption d'un texte dont le contenu crée la polémique depuis sa présentation -
Noir, c'est noirRetraites : l'avenir s'assombrit encore
Les derniers calculs du Conseil d'orientation des retraites aggravent le solde du système, avec un dérapage du déficit à 2,4 points de PIB en 2070