Back Market prend la couronne de première licorne française
Qonto n’aura donc gardé qu’un seul jour la couronne de licorne française la mieux valorisée. Ce mardi, Back Market a annoncé avoir réalisé une levée de fonds en série E de 450 millions d’euros, notamment grâce à l’entrée de Sprints Capital (connu pour avoir investi chez Vinted). Cette gigantesque opération de renforcement des fonds propres propulse la valorisation du spécialiste du reconditionnement de téléphones et de produits électroniques à 5,1 milliards d’euros, contre 2,7 milliards auparavant.
L’annonce d’une levée de fonds de plus de 400 millions d’euros avait été diffusée aux équipes de Back Market dès mi-décembre. Contacté par L’Agefi, le groupe assurait alors ne pas mener un tel projet, se satisfaisant des 276 millions obtenus en mai 2021. Moins d’un mois plus tard, les masques tombent.
Le prix de Back Market s’est encore envolé à l’occasion de cette nouvelle opération, en dépit de l’adoption définitive par le Parlement, le 2 novembre, de la redevance copie privée sur les appareils reconditionnés. En mai, Thibaud Hug De Larauze, Quentin Le Brouster et Vianney Vaute, les co-fondateurs de Back Market, s’étaient émus de ce projet. Les conséquences sur l’activité de ses partenaires reconditionneurs étaient alors pointés du doigt. «On a tenté par (à peu près) tous les moyens d’expliquer au législateur qu’il était sur le point de mettre en péril des centaines d’emplois partout dans l’Hexagone et de couper les ailes à tout un pan de l’économie circulaire remade in France. Mais il semblerait qu’on soit encore un poil moins costaud en lobbying que Monsanto», avaient-ils ironisé dans un communiqué. Le syndicat professionnel du secteur, le Sirrmiet, avait évalué à 10% l’augmentation du prix des téléphones reconditionnés en cas d’application de ce projet de loi.
Un marché en plein boom
Le marché du reconditionnement est en plein boom et la crise sanitaire a joué un rôle d’accélérateur. Selon un sondage mené en octobre 2020 par Ifop et Smaaart, six français sur dix ont acheté ou ont l’intention d’acheter un smartphone reconditionné, contre 53% un an plus tôt. Fondée en 2014, la jeune pousse tricolore emploie plus de 500 salariés et est aujourd’hui implantée à Paris, Bordeaux, Berlin et New York. L’une de ses principales ambitions est de croître à l’international, où elle est déjà présente dans une grosse douzaine de pays d’Europe dont l’Espagne, l’Allemagne, l’Italie, le Royaume-Uni. En prenant en compte le reste du monde, dont les Etats-Unis et le Japon, Back Market réalise déjà plus de la moitié de ses revenus à l’étranger. Mais pour pousser les feux sur le marché américain, où sa notoriété ne dépasse pas 5% (contre plus de 50% dans l’Hexagone), elle ambitionne un recrutement massif de talents.
Succès pour la French Tech
Face à elle se trouvent nombre de sites spécialisés comme Certideal, Recommerce ou reBuy, ainsi que des marketplaces de référence comme celles d’Amazon, de Walmart, de Fnac Darty et de Rue du Commerce. Remade, ancienne pépite française, avait pour sa part fait l’objet d’une liquidation judiciaire en 2019 après une hypercroissance non maitrisée.
Cette nouvelle opération confirme l’attrait actuel des sociétés de la French Tech qui ont levé en 2021 un peu plus de 11,1 milliards d’euros. D’autres levées de fonds devraient suivre avant que ces jeunes sociétés aillent en Bourse pour poursuivre leur éclosion.
Plus d'articles du même thème
-
Allianz met un ticket dans le fonds de croissance européenne deep-tech lancé par Bruxelles
L’assureur allemand avait signé une lettre d’intention dès le mois de février pour participer en tant qu’investisseur fondateur à ce fonds destiné au financement des pousses les plus prometteuses de la deep-tech européenne. -
Benoit de Kerleau (Flexstone) : « On assiste à une bifurcation sur le marché des levées »
A l'occasion de l'Ipem, le managing partner du gérant affilié de Natixis Investment Managers évoque la santé du marché du private equity, l'appétit des investisseurs particuliers pour la classe d'actifs ainsi que leur dernière acquisition aux États-Unis. -
La Maif enregistre une sortie partielle de la start-up HomeExchange
Le mutualiste avait investi dans la jeune pousse via son véhicule interne à impact Maif Avenir, désormais indépendant. L’assureur va poursuivre son accompagnement de la société auprès de ses nouveaux actionnaires.
ETF à la Une
Les particuliers français propulsent la collecte des ETF européens vers un nouveau record
- PSG Equity mise 4,4 milliards d’euros sur le secteur du logiciel européen
- Adia relève pour la quatrième fois en cinq ans sa cible en private equity
- Jérôme Calvet (Nomura) : «Le processus de cession a changé»
- Kaiko boucle une levée de fonds de 110 millions de dollars
- Le déploiement du fonds Scaleup Europe démarre tambour battant
Contenu de nos partenaires
-
France Inter : Charles Sapin renonce à y intervenir à la suite de la suppression de son édito par la direction
Directeur adjoint de la rédaction de « Valeurs actuelles », Charles Sapin a indiqué qu’une séquence de débat était envisagé suite à la suppression de son édito sur France Inter, sous pression des grévistes et syndicalistes. Il a refusé l’offre -
Arabie saoudite : des flammes et de la fumée noire visibles près de l'aéroport de Riyad
Des flammes et de la fumée noire s’élevaient dans les environs de l’aéroport international de Riyad, samedi 19 septembre. D’après Flightradar24, de nombreux vols sont annulés ou retardés. Deux fortes explosions ont eu lieu dans la nuit, après une alerte des autorités prévenant d’une « menace aérienne hostile » -
La stratégie du gouvernement pour faire avaler son budget
Montrer aux marchés que la France agit, aux Français que tout le monde doit faire des efforts, aux oppositions qu'elles n'ont pas intérêt à bloquer ce budget : le Premier ministre cherche à relever ce triple défi