Qonto devient la plus grosse licorne française
Après Payfit, Qonto fait une entrée fracassante dans le club des licornes. La néobanque française pour les pros annonce ce mardi avoir levé 486 millions d’euros en série D, portant sa valorisation à 4,4 milliards d’euros, confimant plusieurs semaines de rumeurs. Son niveau de valorisation record pour la French Tech n’avait jamais été confirmé à ce jour. « Nous devenons officiellement une licorne à l’occasion de cette nouvelle levée de fonds », apprécie Alexandre Prot, directeur général de Qonto. « C’est à la fois une incroyable étape de franchie mais aujourd’hui il y a de plus en plus de licornes. Nous devons donc garder la tête froide et nous concentrer sur nos objectifs de développement », reconnait-il. La fintech devient la 24e licorne française, alors que la France n’en comptait que trois en 2017. Elle est mieux valorisée que Dataiku (3,9 milliards d’euros) et Sorare (3,7 milliards), deux autres licornes emblématiques de la French Tech.
Les fonds américains Tiger Global et TVC Funding ont co-dirigé ce dernier tour de table. Avec leur arrivée, «l’idée d’une entrée en Bourse, d’ici quelques années, est un scénario que nous pourrions envisager. Cela arrive souvent pour des entreprises qui connaissent une forte croissance comme la nôtre », précise Alexandre Prot. Tiger Global a déjà investi dans deux start-up françaises, Dataiku et Ankorstore. Huit autres nouveaux investisseurs ont participé à l’opération, dont Eurazeo, KKR ou encore Insight Partners, rejoignant les investisseurs historiques Valar, Alven, DST Global et Tencent. «Nous voudrions être le leader européen de la gestion financière pour les entreprises et les travailleurs indépendants», estime son patron. Au total, la société aura levé 622 millions d’euros, dont 136 millions d’euros auprès de la Banque européenne d’investissement, de Tencent ou encore de DST Global, dont 104 millions d’euros il y a un an.
Avec cet argent frais, la fintech ambitionne tout d’abord d’améliorer ses services, en sortant des fonctionnalités nouvelles, comme par exemple en matière de virements instantanés. Cette nouvelle levée de fonds lui ouvre également le champs des possibles. Alors que la société privilégie les partenariats, elle envisage désormais d’autres pistes de croissance. «L’acquisition de société pourrait être un levier pour accélérer notre rapide croissance, mais aussi pour renforcer notre service clients», admet son patron.
La néobanque revendique 220.000 clients, contre 120.000 en début d’année. Elle veut atteindre un million de clients à l’horizon 2025, en se développant à l’international, où 75% de ses clients devraient être basés hors de France. Après avoir ouvert en 2021 des bureaux à Barcelone, Berlin et Milan en 2021, elle ambitionne d’investir plus de 100 millions d’euros dans ces marchés au cours des deux prochaines années. Un lancement dans de nouveaux marchés est également prévu l’an prochain.
L’an dernier, Qonto a enregistré un produit net bancaire de 19,8 millions d’euros, soit 104% de plus qu’en 2019. Ses pertes se sont élevées à 26,9 millions d’euros en 2020, contre 11,4 millions l’année précédente. La société emploie actuellement plus de 500 personnes, et compte atteindre 2.000 salariés d’ici 2025, où 50% des nouvelles recrues seront basées hors de France. Pour y arriver, elle compte créer un nouveau Hub pour son service client, qui sera basé à Barcelone.
Plus d'articles du même thème
-
Le Canada lance ses contre-mesures aux droits de douane américains
Le pays répond « au dollar près », aux droits de douane imposés par les Etats-Unis le 22 août. Le Canada met aussi en place des mesures de soutien interne. -
Elliott rejoint la vague de hedge funds qui s'installent à Jersey
Le hedge fund Elliott Investment Management, dirigé par Paul Singer, a enregistré une société dans les îles Anglo-Normandes, selon Financial News. Cette implantation place Elliott dans la lignée de nombreux autres grands hedge funds qui ont choisi ces dernières années de s'établir à Jersey, attirés par une fiscalité avantageuse, ainsi que par un cadre réglementaire reconnu à l’international et une stabilité politique appréciée par le secteur. -
Le groupe Astoria renforce sa gouvernance avec la promotion de trois profils internes
Trois mois après sa nomination à la présidence du groupe, Malcolm Vincent s’entoure notamment d’une directrice générale en la personne d’Aurélie de Béchade.
ETF à la Une
Laiqon propose une gestion de fonds assistée par l’IA dans un ETF
- Crédit Agricole Assurances accélère sa diversification et mise sur l’affinitaire
- BNP Paribas déplore les manquements de la justice américaine dans le litige sur son rôle au Soudan
- Un super El Niño mettra à l’épreuve les marchés agricoles et énergétiques mondiaux
- Scott Bessent se porte au secours des Treasuries
- Les émissions d’obligations d'entreprises reprennent de plus belle
Contenu de nos partenaires
-
Stress test« Des centaines de milliers de TPE et de PME sont dans l’antichambre des procédures collectives »
Le monde économique fait sa rentrée à la REF dans une atmosphère pesante, marquée par un record de faillites, constate Denis Le Bossé (Cabinet Arc) -
Lignes de frontWashington doit lever d’urgence les contradictions de sa politique financière
Face à des taux d'emprunts américains au plus haut depuis deux décennies et des interventions ambiguës du Trésor, les Etats-Unis doivent clarifier leur stratégie avant que la crise obligataire ne déborde à l’échelle mondiale -
Sébastien Lecornu à Mayotte : pourquoi la reconstruction de l’archipel tarde autant
Le Premier ministre se rend à Mayotte un an et demi après le passage du cyclone Chido alors que les opérations de reconstruction tardent à se concrétiser.