Advanced Accelerator, symptôme d’une maladie française
C’est l’histoire d’une pépite française, une de plus, qui se vend au plus offrant. La société Advanced Accelerator Applications, un spécialiste du diagnostic et du traitement de certains cancers, vient d’accepter l’offre de rachat du géant Novartis. Il était certes difficile d’y résister : le laboratoire suisse a mis sur la table près de 4 milliards de dollars, payés cash, pour une société qui réalise à peine 80 millions de chiffre d’affaires au premier semestre. En l’espace de deux ans, depuis sa cotation en Bourse, Advanced Accelerator a ainsi vu sa valeur multipliée par cinq.
La logique financière est respectée, la logique industrielle aussi. Le secteur de la pharmacie est coutumier de ces transactions, qui voient les gros manger les petits. Les grands groupes mettent ainsi la main sur des médicaments promis à un brillant avenir et qui ont d’abord été développés par des structures indépendantes.
La trajectoire d’Advanced Accelerator peut cependant laisser des regrets, car elle est le symptôme des manques du capitalisme français et européen. La société est née il y a quinze ans en se scindant du CERN, l’organisation européenne pour la recherche nucléaire, basée à Genève. Mais quand est venue l’heure de chercher de l’argent frais pour financer sa croissance, c’est vers la Bourse américaine, en l’occurrence le Nasdaq, qu’elle s’est tournée. Pourquoi les Etats-Unis ? Parce que l’abondance de capitaux et d’investisseurs spécialisés dans les nouvelles technologies médicales y est sans commune mesure avec ce qui se fait en Europe. Pour une start-up de la santé, c’est l’assurance de trouver les fonds souhaités et surtout d’être bien mieux valorisée. Même si Euronext s’efforce depuis plusieurs années de bâtir un marché des biotech sur le continent, avec un certain succès, l’opérateur de la Bourse de Paris ne peut pas faire de miracles. Le cas Advanced Accelerator nous renvoie à nouveau au sujet du financement des belles entreprises de croissance en Europe. Un dossier que le gouvernement français a inscrit à son ordre du jour début 2018.
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