Donald, Oncle Picsou et Houdini
Ce n’est pas parce que les marchés ont finalement bien réagi à l’élection de Donald Trump à la présidence des Etats-Unis la semaine dernière qu’il faudrait imaginer que l’arrivée à la Maison Blanche d’un candidat loin des codes et qui a beaucoup promis, et parfois de façon irréaliste, ne va pas avoir tôt ou tard des conséquences notables sur les marchés financiers. Et même l’économie mondiale. On peut donc saluer le flegme tout britannique des places financières en hausse dès le lendemain de l’élection – bien entraînées il est vrai par le Brexit – mais on peut aussi pointer les multiples interrogations liées aux véritables intentions de Donald Trump, et qui feront tôt ou tard leur effet. Comment ne pas s’attendre à ce que cette « plongée dans l’inconnu» n’alimente pas une forte volatilité des cours ? Avec des questions et non des moindres comme celles qui concernent la Réserve fédérale : va-t-elle afficher la même volonté de remonter les taux d’intérêt en décembre prochain si une politique protectionniste, voire isolationniste, se dessine, avec les risques sur l’activité économique qui sont liés ? Et si, conformément à ce que le candidat Donald Trump – véritable caricature d’un anti-Picsou pour le coup – a avancé en matière de relance budgétaire, comment l’institution monétaire pourra-t-elle éviter de changer de braquet rapidement ? A moins que les républicains qui dominent à la Chambre des Représentants et au Congrès prennent soin de « cadrer » systématiquement leur nouveau champion?
Finalement, tout cela peut nous conduire à l’élection présidentielle en France. Après les Britanniques et les Américains, ce sont en effet aux Français de se retrouver dans la lumière et confirmer ou infirmer que l’heure est à la fin d’un monde comme on a pu le lire ici ou là. Concrètement, allons-nous emboiter le pas de nos amis Anglo-Saxons qui ont dit non aux institutions – quitte à ce que cela soit à leur dépens d’ailleurs – ou qui ont voulu «sortir les sortants » selon l’expression consacrée ? Nul ne le sait. Cela étant, il faut bien admettre que d’échéance électorale en échéance électorale, les Français connaissent bien les promesses qui n’engagent que ceux qui les croient. Dans ce contexte, pour ne pas sombrer dans un populisme dangereux, un « parler vrai» ferait sensation, une libération des énergies également pour autant qu’il ne s’agisse pas d’un vain mot. Ajoutons dans des domaines clés comme celui de l’épargne, une fiscalité moindre, moins complexe, moins punitive, plus incitative, et le tour serait joué. Un vrai tour à la Houdini.
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