Une partie des amortissements du bien loué meublé ne pouvait être déduite
Un investisseur en location meublée dans un Ehpad a fait l’objet d’un redressement fiscal. L’administration a refusé d’admettre une partie des dotations aux amortissements comptabilisées par les EURL dont il est l’associé unique en déduction de leurs résultats imposables. Elle a donc réduit les déficits déclarés sur le revenu au titre des années 2006 à 2008 dans la catégorie des bénéfices industriels et commerciaux. L’investisseur demande la décharge des cotisations supplémentaires d’impôt sur le revenu et des pénalités. Le tribunal administratif de Cergy-Pontoise a rejeté ses demandes. Le loueur interjette appel.
Louage de biens et de services. L’investisseur soutient que les EURL louaient des chambres médicalisées dans un EHPAD dont les locataires bénéficiaient systématiquement de prestations de services telles que la fourniture journalière des repas, les soins infirmiers, ou la fourniture de linge de maison, de sorte qu’elles exerçaient une activité de locationde services et non une simple activité de locationde biens entrant dans le champ d’application de l’article 39 C du code général des impôts.
Pas de mandat de gestion. Pour autant, la Cour retient que les baux commerciaux conclus en 2002 par les Eurl, en qualité de bailleurs, et les preneurs (exploitants) ne concernent que la mise à disposition de chambres meublées au sein d'établissements pour personnes âgées dépendantes et de résidences étudiantes, et que ces sociétés n’interviennent ni directement ni indirectement dans des prestations de services assurées au bénéfices des locataires. De plus, la Cour précise que si ces baux stipulent que le preneur entend exercer dans les locaux loués une activité commerciale de résidence de services comportant la fourniture de services et prestations à sa propre clientèle, ils ne comportent aucune clause relative à un mandat de gestion qui aurait été confié aux preneurs de sorte que ces derniers ne sauraient être regardées comme ayant exercé une activité de prestation de services en qualité de mandataires des Eurl.
Louage de biens. La Cour administrative d’Appel de Versailles rejette la requête de l’investisseur. Elle va dans le sens de l’administration qui a qualifié les baux en cause de contrats de louage de biens et non de contrats de louage de services et a, par suite, estimé qu’en application de l’article 39 C du code général des impôts, les amortissements déductibles du résultat imposable des sociétés devaient être limités, au titre de chaque exercice, au montant du loyer acquis par la société diminué du montant des autres charges afférentes aux biens en cause.
Elle précise également qu’aucune règle de droit ni même aucune considération économique ne justifie que, pour l’application de l’article 39 C du code général des impôts, le montant des loyers pris en compte dans le calcul des amortissements déductibles soit celui des loyers stipulés en 2002 indexés non pas sur l'évolution du coût de la construction mais, ainsi que le demande l’investisseur sur l'évolution des résultats des Eurl.
Plus d'articles du même thème
-
Le financement des entreprises européennes manque de méthode
Si les marchés de capitaux sont jugés suffisants, la place financière européenne doit encore apprendre à mieux cibler les sociétés midcap, notamment via le private equity. -
Partners Group prend des mesures face à plusieurs participations en difficulté
La société d’investissement helvétique a déprécié deux sociétés au sein de l’un de ses fonds cotés. Elle travaille également à une recapitalisation d'Emeria, ex-Foncia, confrontée à un endettement élevé. -
Permira investit dans la branche commerciale du CDP
Le spécialiste de l'évaluation de l'impact environnemental des entreprises CDP (ex-Carbon Disclosure Project) se scinde entre un organisme caritatif, qui demeurera indépendant, et une branche commerciale adossée au gérant alternatif Permira.
Sujets d'actualité
ETF à la Une
BlackRock lance à son tour un ETF arrimé à l’économie spatiale
- La promesse des produits structurés à capital garanti s’estompe avec la remontée des taux
- Marc Riez (Vega IS) : «Nous avons engagé des discussions avec Novobanco au Portugal»
- IA et gestion de patrimoine : la fin du conseiller bancaire standardisé, l’avènement du conseiller augmenté
- L'AMF pourrait ouvrir les OPCVM aux cryptos
- La BCE se résout à relever ses taux
Contenu de nos partenaires
-
Éolien en mer : Paris lance un appel d'offres géant pour sécuriser sa souveraineté énergétique
La Commission de régulation de l'énergie publie le 12 juin le cahier des charges de l' « AO10 », un appel d'offres de près de 10 gigawatts répartis sur l'ensemble des façades maritimes françaises. Objectif : multiplier par sept la puissance installée d'ici à 2035 -
Mort du peintre David Hockney, figure majeure de l'art contemporain
Né à Bradford en 1937, l'artiste britannique, célèbre pour ses piscines californiennes et ses sous-bois du Yorkshire, est décédé jeudi 11 juin à Londres à l'âge de 88 ans. Il laisse derrière lui sept décennies d'une œuvre rayonnante -
Seine ColèreLyhanna, périscolaire et violences à Paris : quand l’Etat ne protège plus personne
Même si les situations sont différentes, un constat inquiétant s’impose : l’Etat ne protège plus les Français. La République est devenue incapable d’exercer ses missions régaliennes essentielles qui fondent notre contrat social