Immobilier : donnons la priorité à l’ISR
C’est une excellente nouvelle pour tous les épargnants désirant investir dans l’immobilier. L’élargissement du label ISR (Investissement Socialement Responsable) aux fonds immobiliers a été confirmé le 23 juillet 2020. Cette décision que nous soutenons activement marque en effet une nouvelle étape importante pour l’ensemble des professionnels de l’investissement immobilier. Instauré en 2016, le label ISR permet d’un côté de répondre à la préoccupation grandissante des épargnants en faveur de la finance durable. De l’autre, les entreprises sont incitées à accentuer leurs efforts pour améliorer leur notation ESG (critères environnementaux, sociaux et de gouvernance) et susciter ainsi l’intérêt des gestionnaires dont les fonds labellisés ISR s’avèrent de plus en plus nombreux. Or, pour les professionnels de l’immobilier, les défis à relever, notamment dans le domaine environnemental, ne manquent pas.
L’urgence de réduire les émissions de carbone lors de la construction d’un immeuble
On estime, par exemple, que la phase de construction d’un immeuble occasionne deux tiers du bilan carbone émis par un immeuble. A ce titre, les promoteurs ont une responsabilité particulière dans la recherche des matériaux les plus performants pour optimiser ce bilan. Répondre à cette préoccupation permet ainsi aux foncières spécialisées dans les immeubles de bureaux d’améliorer leur impact environnemental et d’anticiper, dans le même temps, les futures normes de consommation énergétique à atteindre au cours des prochaines décennies, telles qu’elles ont été fixées par le décret tertiaire entré en vigueur le 1er octobre 2019.
Mais le rôle d’un investisseur immobilier est aussi d’encourager la rénovation et la restructuration des bâtiments existants, qui sont souvent de véritables « passoires énergétiques » avec toutes les conséquences que cela implique sur le plan environnemental et financier. Travailler à la rénovation des immeubles anciens au cœur des villes s’inscrit en effet dans une démarche vertueuse pour l’ensemble de la population. Il s’agit de repenser l’occupation de la ville, d’améliorer la vie quotidienne de ses habitants en évitant de construire toujours plus loin des centres-villes et en privilégiant la rénovation d’immeubles déjà construits.
Un effort particulier demandé aux investisseurs en matière de reporting
Pour obtenir ce label ISR, les promoteurs du label insistent surtout sur l’engagement d’amélioration. En effet, le point crucial repose sur la transparence des acteurs en quête de ce label, avec la volonté de se fixer des objectifs de moyens et de résultats. Engagement dans le choix des matériaux, priorité donnée à la performance énergétique des bâtiments, respect de la biodiversité etc., l’obtention du label implique ainsi une mobilisation des investisseurs qui devront fournir un effort particulier en matière de reporting afin de répondre aux contrôles réglementaires. Cette politique suppose la mobilisation de ressources substantielles afin d’acquérir les outils de suivi adéquats, qui serviront à démontrer la pertinence du projet sélectionné par l’investisseur.
Si la crise du Covid-19 accélère des tendances déjà à l’œuvre avec l’institutionnalisation du télétravail et une nouvelle façon d’appréhender l’immobilier tertiaire, la mise en place du label ISR pour les placements immobiliers constitue une motivation supplémentaire pour repenser notre métier d’investisseur dans cette période de mutation. L’immobilier responsable n’est pas un concept vague mais une réalité concrète qui doit mobiliser, au quotidien, l’ensemble des acteurs du secteur.
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