Les sept points à considérer lors du départ d’un gérant « star »
A l’occasion du départ de Bill Gross de PIMCO, la société qu’il avait fondée, Michaël Sfez, directeur général, Russell Investments France s’intéresse aux principaux éléments que doivent prendre en compte les conseillers en gestion de patrimoine dans ce genre de situation.
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Michaël Sfez, directeur général, Russell Investments France
Au fil des années, nous avons appris qu’il y a plusieurs points à considérer lorsqu’un membre star d’une équipe quitte une société de gestion. Alors que nous venons d’assister au départ de Bill Gross de PIMCO, la société qu’il avait fondée, voici les principaux éléments que doivent prendre en compte les conseillers en gestion de patrimoine dans ce genre de situation.
Quel sera l’impact réel de ce changement ?
1. Quelles sont les causes du départ—s’agit-il d’un cas isolé ou d’une série de départs?
Même les gérants stars peuvent perdre leur motivation, connaître des problèmes relationnels ou aspirer à de nouveaux défis. La nature humaine est ainsi faite. La question est de savoir si le successeur court le risque d’être confronté aux mêmes problèmes.
2. Qui va remplacer le gérant sortant et que savez-vous de cette personne?
Souvent, les grandes sociétés de gestion préparent en amont la succession de leurs gérants stars. Si le gérant remplaçant travaille déjà au sein de la société de gestion, la probabilité d’une évolution fondamentale du processus d’investissement est plus faible.
3. Quels sont les changements prévus par t le nouveau gérant, le cas échéant ?
Un gérant peut avoir un impact durable sur un portefeuille bien après son départ, surtout si son successeur n’effectue pas tout de suite des changements significatifs.
4. La philosophie ou le style de gestion du successeur sont-ils adaptés aux objectifs de vos clients ?
Le nouveau gérant peut effectivement faire tourner le portefeuille de manière plus intensive, ou changer l’orientation du fonds. Les investisseurs peuvent guetter les évolutions significatives des positions au sein des portefeuilles ou le taux de rotation de ces derniers, mais ce type de changement est parfois difficile à suivre. Pour certains investisseurs, il peut tout simplement être préférable de rechercher des solutions alternatives.
5. Le gérant star pouvait-il être entièrement crédité de la performance du fonds ?
Dans bien des cas, le gérant star bénéficie du soutien de nombreux analystes, talentueux mais anonymes qui fournissent l’essentiel des idées d’investissement et qui continueront ce travail après le départ du gérant. La recherche de Russell sur l’ensemble des marchés mondiaux a démontré qu’il n’y a pas de règles fixes et simples lorsqu’on fait face à une transition de gérants : il arrive parfois que la performance baisse en effet suite au départ d’un gérant star, mais elle peut aussi se maintenir – voire progresser.
Si vous décidez d’arbitrer :
6. Quels seraient les coûts induits par l’arbitrage des investissements pour vos clients? Votre client serait-il prêt à vendre ses investissements à perte ? Sera-t-il assujetti à de lourds impôts sur les plus-values ? Gardez également en tête que pendant la période de transition d’un fonds vers l’autre, vous risquez d’être « hors marché ». Assurez-vous que les avantages potentiels sont bien supérieurs aux coûts induits.
Pensez au portefeuille dans sa globalité :
7. Le gérant sortant est-il un gérant parmi plusieurs au sein du portefeuille? Nous encourageons tous nos clients à diversifier leurs actifs auprès de différents gérants et sociétés de gestion afin de réduire le risque de départ d’un gérant.
L’élément le plus important à retenir est qu’un départ de gérant « star » ne requiert pas pour autant une prise de décision immédiate – dans un sens comme dans l’autre. La réaction la plus efficace sera celle qui associera la recherche, la perspective et le facteur temps.
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