Les Français et l’épargne retraite : l’impossible équation
Selon la dernière édition de l’enquête annuelle de BlackRock sur les comportements d’épargne et d’investissement, le Global Investor Pulse, les investisseurs Français craignent de manquer de ressources financières pour leur retraite. En dépit de ces inquiétudes, le nombre de ceux qui consacrent une part de leurs ressources financières disponibles pour leur retraite a chuté de 7 % pour s’établir à 45 % de la population, ce qui constitue le plus faible niveau en Europe. Les Français estiment ne pas avoir suffisamment de ressources financières disponibles pour épargner (48 %), ont d’autres priorités financières immédiates (24 %) ou vivent « au jour le jour » (21 %). Ils se disent néanmoins favorables à un accroissement de leur épargne retraite s’ils bénéficiaient d’une augmentation de salaire (42 %), d’incitations fiscales (27 %) ou s’ils voyaient leurs dépenses baisser (25 %).
BlackRock constate ensuite que les Français qui commencent à épargner pour leur retraite utilisent des placements très peu diversifiés. En effet, une majorité d’entre eux se tournent vers des comptes épargne (26 %), des produits d’assurance (20 %) ou tout simplement leurs économies (19 %) pour les placements dédiés à la retraite.
Un tiers des particuliers sondés en France affirment que le meilleur moyen de générer des revenus pour la retraite est de conserver des liquidités à la banque en touchant des intérêts. 23 % estiment qu’ils conserveront puis puiseront dans leur fond de retraite actuel. Ils ne sont que 23 % à déclarer vouloir investir leur argent dans d’autres produits d’épargne et d’investissements.
Dès lors, il n’est pas étonnant que, toujours selon l’étude, les Français conservent une part très importante de liquidités sur leurs comptes (pour 82 % d’entre eux) et privilégient l’assurance vie en euros pour leurs placements (40 %). Selon l’enquête, l’allocation actuelle des actifs financiers détenus par les Français comprend 59 % de liquidités (y compris Livret A), 18 % de contrats d’assurance vie en euro, 9 % d’investissements immobilier, 9 % d’actions, de fonds communs de placement, multi-actifs et obligations et 5 % d’autres produits.
Le Global Investor de BlackRock met aussi en lumière que, paradoxalement, si les Français font preuve d’un certain immobilisme en matière d’investissements, un sur quatre fait appel à un conseiller financier et se disent globalement satisfaits des conseils qui leurs sont donnés (44 %). Ce niveau s’établit au-dessus de la moyenne européenne (20 %). Ainsi, 73 % des Français bénéficient de conseils par l’intermédiaire d’un conseiller clientèle en agence bancaire, 13 % bénéficiant des services d’un banquier privé. Si les conseils personnels sont privilégiés pour 41 % des Français (physiquement en agence ou par téléphone), les sources en ligne constituent leur second moyen d’information. Cependant, la France affiche un niveau parmi les plus faibles d’utilisation des sources numériques pour la gestion bancaire au quotidien et le suivi des investissements (67 %, contre 77 % aux Etats-Unis, 83 % au Royaume-Uni ou 78 % en Chine).
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