«Le gouvernement doit prendre en charge nos coûts fixes»
Le Syndicat National des Résidences de Tourisme (SNRT) a co-signé la semaine dernière une tribune avec d’autres professionnels du secteur, réclamant l’ouverture des remontées mécaniques. Malgré la pression, le gouvernement a annoncé le 20 janvier dernier qu’elles ne rouvriraient pas avant le 1er février et probablement pas avant mars. Les rumeurs d’un nouveau confinement entretenues par des fuites gouvernementales dans la presse éloigne la perspective d’une ré-ouverture avant la fin de l’hiver.
Pascale Jallet, déléguée générale du SNRT a rendez-vous ce lundi 25 janvier à Bercy pour discuter des aides que les pouvoirs publics ont promis au secteur en décembre dernier. Elle alerte sur les conséquences d’une saison blanche, pour les professionnels, comme pour les propriétaires bailleurs qui ne perçoivent plus les loyers de leur résidence.
L’Agefi Actifs : Comment vivez-vous la décision du gouvernement de ne pas autoriser les stations de ski à rouvrir le 1er février prochain?
Pascale Jallet : On se dirige vers une saison blanche. Depuis le deuxième confinement, la date de réouverture est constamment repoussée. Toute la profession est suspendue aux annonces successives du gouvernement. Aucune date n’a été annoncée cette fois-ci…Il y a peu de chance que nous puissions rouvrir avant l’été. C’est une catastrophe. Il faut avoir en tête que les exploitants réalisent 85 % de leur chiffre d’affaires annuel sur les quatre mois et demi de saison d’hiver.
Pour ne pas tout perdre, certains ont décidé d’ouvrir malgré tout pendant les fêtes de fin d’année…
Environ 40 % des résidences de tourisme d’hiver ont ouvert pendant les fêtes de fin d’année, malgré la fermeture des remontées mécaniques, en solidarité avec les acteurs des stations. Elles ont ouvert à perte puisque le taux d’occupation n’était que de 15 à 30 % pour les deux semaines de vacances. De plus, avec la fermeture des pistes et des piscines, les exploitants étaient obligés de baisser les prix. Mais la plupart ont refermé leurs portes en janvier, traditionnellement le mois des étrangers et des groupes, deux clientèles absentes en ce début d’année…
Comment s’en sortent actuellement les exploitants? Certains ont-ils déjà décidé de ne pas rouvrir?
Ils s’en sortent très difficilement mais aucun n’a pris une telle décision pour l’instant. Les exploitants tentent de maintenir un minimum d’activité, plus pour le moral qu’autre chose car ils ouvrent à perte. Ils accordent beaucoup de baisses sur les prix pour que les clients puissent quand même profiter de la neige car, comble de l’ironie, il y en a beaucoup cette année! Ils négocient aussi beaucoup de reports de séjours - à l’année prochaine - et remboursent les clients en dernier recours. Tout le monde se pose plein de questions pour février car on fait face à un torrent d’annulations. Il est probable que certains décident d’ouvrir malgré tout, un peu comme à Noël.
, «Sans les aides de l’Etat, nous ne pourrons pas nous en sortir» ,
Que demandez-vous au gouvernement?
Nous voulons qu’il prenne en charge la couverture de nos coûtsfixes. Le gouvernement nous a promis des aides spécifiques en décembre. Les PGE et le dispositif d’activité partielle ne sont pas suffisants pour que nous puissions tenir un hiver sans activité. La plupart des résidences de tourisme sont des ETI non-éligibles aux aides du fonds de solidarité. Or, le poids des loyers est très important: il représente jusqu’à 40 % du chiffre d’affaires de nos entreprises. C’est très lourd. Les entreprises ne peuvent pas les payer aujourd’hui.
C’est justement le sujet qui attise les tensions actuellement entre exploitants et propriétaires. Comprenez-vous la frustration des investisseurs?
Oui, nous avons tout fait pour éviter cette situation. L’année dernière, nous avions un protocole établi sous l’égide de Bercy. Nous avons échangé pendant près de neuf mois avec les propriétaires pour trouver un équilibre au cas par cas. La grande majorité des propriétaires-bailleurs a accepté les solutions proposées. Mais la situation d’aujourd’hui est telle que, sans les aides de l’Etat, nous ne pourrons pas nous en sortir.
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