Le coronavirus chinois met les places financières sous pression
L’Agefi Quotidien
Le bilan de l'épidémie de coronavirus s’est alourdi lundi à 82 morts et 2.700 cas confirmés en Chine, où le gouvernement a prolongé les vacances du Nouvel An pour tenter d’enrayer sa propagation. Pékin a aussi adopté des mesures de confinement sans précédent, avec des restrictions de voyages qui touchent 40 millions de personnes pour la seule ville de Wuhan. Plusieurs cas d’infection ont été aussi confirmés aux Etats-Unis, en France, au Japon et au Canada, notamment.
Des analystes s’inquiètent déjà des conséquences pour l’économie chinoise – voire mondiale. Avec pour conséquences attendues un tourisme au ralenti – il pèse 11% du produit intérieur brut (PIB) en Chine – et une consommation en berne, les Chinois étant confinés chez eux, et désertant les centres commerciaux. Or, si les dépenses de consommation et de transports reculaient de 10%, «la croissance du PIB pourrait être entamée d’environ 1,2 point», selon l’agence de notation S&P Global Ratings. Ce qui risque d’aggraver l’essoufflement économique que connaît déjà la Chine : sa croissance (6,1%) était au plus bas en 2019 depuis près de trente ans.
Autre risque, le coup industriel porté à Wuhan, «hub logistique» et centre de production automobile, où est basé Dongfeng, deuxième constructeur automobile chinois, allié aux groupes français Renault et Peugeot, rappelle S&P. Du côté des équipementiers auto, «des chaînes d’approvisionnement fragmentées et une production à flux tendus signifie que les arrêts d’usines à Wuhan auront de plus vastes répercussions» ailleurs.
Voire, le coronavirus pourrait toucher l’économie mondiale : «la Chine y pèse maintenant plus que jamais : elle représentait 4,2% de l’économie mondiale en 2002 lorsqu’a éclaté l’épidémie du Sras (syndrome respiratoire aigu sévère), contre 15,8% du PIB mondial en 2018», souligne le gérant d’actifs Schroders dans une note d’analyse, lundi.
En conséquence, l’inquiétude grandit parmi les investisseurs quant aux répercussions possibles sur l’économie mondiale. Dans la journée de lundi, plusieurs valeurs du luxe et du transport aérien fortement présents en Chine ont été malmenées : le titre Air France-KLM clôturait en baisse de 5,64%, American Airlines à -5,5%, et côté luxe, LVMH terminait à -3,68%, Kering à -3,6%, et Dior à -3,69%. Sur les valeurs pétrolières, le prix du baril de Brent abandonnait plus de 3%, et Total 2% (lire par ailleurs).
Dans le sillage des marchés asiatiques et européens, la Bourse de New York a terminé en net repli lundi, l’indice Dow Jones finissant en baisse de 1,6%, l’indice S&P 500 à -1,6%, et le Nasdaq Composite à -1,9%.
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