Grèce : contagion limitée à la zone euro
Les changements politiques en Grèce devraient être négatifs pour l'économie grecque à court terme, mais neutres à plus long terme, estime Axa IM dans un bulletin publié mardi.
Lundi, le gouvernement grec de coalition, emmené par Antonis Samaras, n’a pas réussi à faire élire par le parlement son candidat à la présidentielle. Cet échec l’oblige à démissionner et à organiser des élections législatives qui auront lieu le 25 janvier et pourraient donner une majorité au parti d’extrême-gauche Syriza. Une telle victoire fait craindre une renégociation du programme d’aide obtenu par la Grèce auprès de l’Union européenne et du Fonds monétaire international.
Selon Axa IM, la contagion aux autres marchés de la zone euro devrait être trop limitée pour être tangible, mais les incertitudes causées par les négociations entre la Grèce et les créanciers internationaux devraient faire des dégâts sur les actifs risqués, au moins dans la zone euro. « Nous pensons que cette incertitude ne devrait pas durer très longtemps et que les grandes lignes d’un accord devraient émerger avant juin », nuancent néanmoins les auteurs de la note*.
Axa IM a établi trois scénarios pour la Grèce. Son scénario de référence prévoit que le nouveau gouvernement et les créanciers internationaux se mettent d’accord sur un allègement de la dette grecque, sur le bouclage et la fin du plan de sauvetage, et aident la Grèce à regagner un accès aux marchés grâce à une ligne de crédit d’urgence. Si les négociations s’avéraient plus longues que prévu et retardaient un accord éventuel au-delà de la mi-2015, un scénario de « non coopération » se mettrait alors en place. Mauvais pour la Grèce, ce scénario aurait des répercussions sur les autres marchés financiers de la zone euro, mais pas sur les économies réelles. Enfin, Axa a imaginé un scénario du pire, qui serait la conséquence d'événements politiques dramatiques et imprévisibles. « Un événement inattendu et dramatique se produit pendant les négociations, comme des émeutes violentes provoquant des victimes humaines, le nouveau gouvernement perd le contrôle de la situation, la Troika suspend les négociations et le gouvernement est incapable de pourvoir à ses besoins de financement sur les marchés ». Cela pourrait conduire la Grèce à un défaut sur les obligations dues à la BCE et à un éventuel départ de la zone euro. Mais ce scénario est très improbable, selon Axa IM.
*Eric Chaney, Chef économiste du groupe AXA et Directeur de la recherche d’ AXA IM, Maxime Alimi, Economiste, Manolis Davradakis, Economiste marchés émergents, et Greg Venizelos, Stratégiste
Plus d'articles du même thème
-
Renault et Geely confortent leur coopération au Brésil
Les deux groupes vont investir 319 millions d'euros supplémentaires pour accélérer dans l'électrique dans le pays. -
BlueOrchard lève 250 millions de dollars pour son fonds climatique dédié aux marchés émergents
Le tour de table réunit notamment Aviva Investors et Daido Life Insurance Company, qui interviennent via des titres de dette senior, ainsi que Schroders, British International Investment (BII) et FinDev Canada. -
Swedbank Robur crée un fonds alimentation et eau
Le fonds investira à l'échelle mondiale et comptera initialement entre 50 et 70 lignes.
Sujets d'actualité
ETF à la Une
La majorité des investisseurs professionnels sont prêts à basculer leurs encours vers des ETF actifs
Contenu de nos partenaires
-
Numéro bisGabriel Attal se confronte à Ursula von der Leyen et promet un plan choc pour l'Europe
Le candidat Renaissance à l'élection présidentielle entame jeudi une nouvelle séquence de campagne. Après avoir démontré sa détermination par des déplacements tout l'été, il entend désormais incarner ce que serait une présidence Attal. Première étape, jeudi, dans une usine de lanceurs spatiaux -
Plus boomer que doomerDonald Trump, dernier rempart contre la fronde anti-IA aux Etats-Unis
Face à la vague d’inquiétude provoquée notamment par l'impact environnemental des centres de données, le président refuse toute régulation qui avantagerait la Chine et affaiblirait les marchés -
Pourquoi les fonctionnaires boudent le nord de l'Italie
Des enseignants refusent des postes dans le Nord faute de pouvoir s’y loger. Le même problème touche les infirmiers, mettant en question le principe de salaires uniformes sur tout le territoire