Ethereum, tout comprendre à The Merge
Ethereum peut être résumé comme une blockchain jouant un rôle équivalent à l’App Store pourles produits Apple: c’est une infrastructure sur laquelle de multiples applications sont développées par des tiers, comme dans les domaines de la finance décentralisée, des jeux vidéo, des organisations autonomes décentralisées, ou des non-fungible tokens (NFT).
Comme à la loterie
Blockchain construite à l’origine avec la technologie de consensus appelée Proof of Work (Preuve de Travail), la validation des blocs contenant les informations nécessitait une importante puissance de calcul informatique pour «miner» les blocs. Dans le cadre de cette technologie, il faut en effet posséder la plus importante puissance de calcul pour être le plus rapide à soumettre sa solution à une énigme coûteuse en calculs. Cela permet d’inscrire et valider les transactions au sein d’un bloc et donc le bloc lui-même au sein de la blockchain. Un tel travail est récompensé par une distribution de coins (ether pour la blockchain Ethereum).
Pour améliorer son accessibilité, sa décentralisation, sa «scalabilité» (augmenter le nombre de transactions) et réduire sa consommation énergétique, l’ensemble des parties prenantes à Ethereum a voté le passage au Proof ofStake.
Pour limiter le risque d’exécution, il avait été décidé de développer un réseau Proof of Stake(«the Beacon Chain», lancé le 1er décembre 2020) en parallèle du réseau principal («the Mainnet») qui conservait son fonctionnement de type Proof of Work jusqu’à la fusion des deux réseaux, prévue le 15 septembre 2022.
Ainsi, depuis la fusion, miner de l’ether n’est plus nécessaire. Grâce à la preuve d’enjeu, la détention d’ethers suffit pour valider les blocs. Concrètement, les détenteurs d’ethers participent à une loterie: à chaque fois qu’une transaction a lieu, un participant est sélectionné au hasard pour vérifier l'échange. Il reçoit ensuite de nouveaux ethers enrécompense.
Gains d’énergie et de temps
Il en résulte une baisse drastique (99,5%) de la consommation d’énergie du réseau Ethereum.
Par ailleurs, le temps mis par les validateurs pour vérifier et valider les transactions d’un bloc, et ainsi inscrire le bloc dans la blockchain, a été réduit de 9%. Il en résulte une augmentation du nombre de blocs qui peut être inscrit de l’ordre de 18%.
L’objectif de la Fusion n’a jamais été d’étendre la capacité du réseau Ethereum et ainsi de réduire les coûts de fonctionnement (gas fees à payer pour inscrire une transaction sur la blockchain).
Pour réduire ces frais de gas et améliorer la rapidité d’exécution de la blockchain Ethereum, des solutions dites de Layer 2 («seconde couche») ont été développées ces dernières années. Elles permettent de diminuer le nombre de transactions passant par la blockchain (Layer 1) Ethereum. Concrètement, une partie des transactions est déportée hors du réseau principal et exécutée sur ces secondes couches. Pour certaines de ces technologies, comme les state channels, seule la première transaction ouvrant la connexion entre les deux couches (de logiciels) et celle qui la conclut sont enregistrées sur la blockchain Ethereum.
Les prochaines évolutions majeures pour Ethereum sont la mise à jour Shanghai qui permettra de retirer les ethers «stakés» et le sharding !
Conséquence pour les investisseurs
Chez Alphacap Digital Asset Management, nous sommes ravis du succès de cette mise à jour et avons significativement augmenté notre exposition à cet actif. La très forte baisse de la consommation du réseau rend à présent Ethereum éligible à notre portefeuille 100% crypto appliquant des critères ESG (environnement, social, gouvernance). Comme beaucoup d’investisseurs institutionnels, nous pensons que cette mise à jour attirera de nouveaux investisseurs sur cet actif dans les prochaines années. Ainsi, avoir en portefeuille ce type de valeurs permet de significativement réduire la consommation énergétique de nos investissements. Celle du portefeuille green devrait ainsi être, sur sa durée de vie, vingt-deux mille fois meilleure que celle d’un portefeuille composé de 100% de bitcoins.
Cependant, cette mise à jour s’est traduite aussi par une hausse de lavolatilité.
La mise à jour ayant fait énormément parler d’elle, nous avons constaté un vrai emballement de la part des investisseurs particuliers au cours de l’été. Le cours auquel s’échangeait l’ether a en effet été multiplié par deux entre juillet et août.
Nous considérions à l’époque que cette hausse n’était pas justifiée, la mise à jour n’étant alors pas encore assurée. Notre positionnement a protégé nos portefeuilles. En effet, les dictons des marchés s’appliquent aussi en crypto : si les investisseurs particuliers ont acheté la rumeur, d’autres ont vendu la nouvelle. Ainsi, depuis un pic à 2.000 dollars en août, l’ether a perdu près de 40% de sa valeur à fin septembre, entraînant dans sa chute de nombreux particuliers ayant acheté pendant la hausse. Nous considérons, selon notre analyse, que l’ether a retrouvé un prix de marché plus raisonnable et constatons également un regain d’intérêt à ce stade de la part des investisseurs institutionnels.
A retenir Ethereum, la deuxième plus grosse crypto monnaie (165 milliards de dollars de capitalisation au 30/09/2022) déploie avec succès sa mise à jour appelée «The Merge». Conséquence de la mise à jour : baisse très significative de la consommation énergétique et regain d’intérêt des investisseurs institutionnels sont au rendez-vous.
A RETENIR
Ethereum, la deuxième plus grosse cryptomonnaie (165 milliards de dollars de capitalisation au 30septembre 2022), déploie avec succès sa mise à jour appelée «The Merge». Conséquence de la mise à jour: une baisse très significative de la consommation énergétique et un regain d’intérêt des investisseurs institutionnels sont au rendez-vous.
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