Comment sécuriser son épargne ?
Avec un taux d’épargne moyen de 15%, la France est l’un des marchés les plus importants d’Europe. Désireux de faire fructifier leurs économies, les Français veulent avant tout avoir la garantie d’obtenir un rendement sur leurs investissements. Cependant, au vu de la rémunération des livrets bancaires ou réglementés et de la baisse continue des fonds euros, les épargnants vont devoir revoir leur stratégie d’investissement s’ils souhaitent continuer à en tirer profit tout en sécurisant leur épargne. Quelles sont les clés pour y parvenir dans un contexte de digitalisation qui offre à l’épargnant une plus grande variété de produits d’investissement mais qui apporte aussi avec lui un risque de fraude accru ?
Allier rentabilité et sécurité
Pendant longtemps, sécuriser son épargne était synonyme de placer son argent sur des livrets règlementés défiscalisés ou sur une assurance-vie en fonds euros. Cependant, avec la baisse des taux, certains produits tels que le livret A ou l’assurance-vie mono-support ont une rémunération inférieure à l’inflation. Ainsi, malgré une garantie en capital à échéance, ils ne rapportent peu, entrainant les épargnants à revoir leurs investissements.
Un des éléments importants dans la bonne allocation d’actifs reste la diversification : privilégier l’investissement dans plusieurs fonds plutôt que dans un seul afin de limiter les risques de fluctuation du marché. Les fonds structurés semblent à ce titre intéressants puisqu’ils associent l’achat de produits de taux avec prise d’options à terme pour garantir le capital de départ et un rendement certain moyennant des frais souvent annualisés. Cependant, ces produits restent complexes et nécessitent que toutes les conditions de marché soient réunies.
Dans un contexte économique difficile, les épargnants sont vigilants à la possibilité de sortir facilement des liquidités et sans pénalité. A ce titre, les SCPI1 proposent un rendement attractif avec un risque réparti sur de nombreux bien limité. Dans la même continuité, l’épargnant peut aussi se tourner vers les OPCI2. En plus des investissements immobiliers, ces organismes conservent également des liquidités sous la forme de divers autres produits financiers.
Chaque placement ayant ses propres temps forts et ses périodes de repli, les associer est le meilleur moyen d’allier sécurité et performance pour ses investissements.
Devenir acteur de son épargne
Pour beaucoup d’épargnants, les produits financiers sont perçus comme complexes. Certains préfèrent en confier la gestion à un conseiller qui, en fonction de la capacité d’épargne, d’immobilisation des liquidités et des objectifs de rentabilité souhaités, va orienter son client vers des investissements adaptés à son profil et son projet personnel. D’autres vont plutôt privilégier par défaut des produits sans risque mais offrant des rendements relativement faibles.
Une nouvelle génération émerge, celle des épargnants acteurs. Habitués aux comparateurs en ligne et aux outils leur permettant de piloter eux-mêmes leurs finances, ils sont désireux de mieux appréhender les rouages des marchés financiers pour obtenir un retour intéressant sur leurs investissements, et ce grâce à une bonne maitrise des risques. Pour monter en compétence, ces nouveaux épargnants se renseignent sur les sites spécialisés où ils parviennent tant bien que mal à se former.
Dans cette nouvelle configuration, les établissements financiers ont-ils encore un rôle à jouer au delà du simple rôle d’intermédiaire ? Oui, simplement leur posture traditionnelle doit évoluer. Leurs clients demandant désormais de disposer de toutes les informations pour mieux piloter leur épargne, ils s’attendent à ce que leur
banque les sensibilise, les forment et ce en toute transparence. C’est une relation gagnant-gagnant qui permettra à l’épargnant-acteur, averse au risque, d’être plus confiant sur ses investissements et ainsi d’augmenter sa capacité d’investissement.
Choisir un établissement de confiance
Pour répondre aux attentes du marché, les banques et compagnies d’assurance digitalisent de plus en plus d’actes de gestion afin que leurs clients puissent les réaliser sans passer par leur conseiller : versement volontaire, rachat, arbitrage entre les supports... Cependant, certains de ces actes s’avèrent sensibles puisqu’ils nécessitent la collecte et le stockage de données personnelles ; se cache alors un risque de fraude accru pour les entreprises. Pour faire face à ce fléau, elles se doivent de mettre en place des mesures à différents niveaux afin de garantir la protection des données clients.
La mise en place d’infrastructures data robustes hébergées sur des serveurs sécurisés, avec une politique de cryptage pour les données les plus sensibles, offre une sécurité de base essentielle. L’authentification forte par SMS est également une bonne option. Déjà intégré dans de nombreux parcours digitaux, le « One Time Password (OTP) » est très bien accepté par les clients qui se sentent rassurés par ce contrôle SMS. L’entreprise doit cependant l’utiliser à bon escient et avec parcimonie au risque de nuire à l’expérience client.
Enfin grâce au Big Data, certaines entreprises réussissent à croiser une multitude de données de navigation et de connexion afin d’identifier des comportements suspects souvent à l’initiative de bandes en réseau organisées. Elles réussissent ainsi à bloquer des transactions avant que les fonds soient détournés.
La confiance et la sécurité sont des critères importants quand on confie son épargne, les entreprises ont donc tout intérêt à mettre en place des mesures de protection renforcées si elles souhaitent attirer le plus grand nombre. Protéger son épargne n’est pas seulement assurer son investissement de départ, c’est aussi garantir un rendement en maitrisant les différents produits et ainsi trouver le bon équilibre entre rendement et risque.
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