Assurance vie : Vers une phase de décollecte nette structurelle
Alors que la collecte brute se heurte à un plafond de verre de 135 milliards d’euros, les charges de prestations se maintiennent autour de 7% des encours.
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Julien Beauvieux, Agefi Quotidien
Euro symbol door handles hang from glass doors inside Poland's central bank building (NBP), in Warsaw, Poland, on Thursday, May 20, 2010. The zloty extended its decline as Polish officials indicated they are comfortable with its depreciation and the benchmark stock index dropped to a two-month low on growing concern EuropeÕs debt crisis will deepen. Photographer: John Guillemin /Bloomberg
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Le secteur français de l’assurance vie entre dans un nouveau régime. Alors qu’il n’avait enregistré qu’une seule année de décollecte nette en 2012 sur les trente dernières années, la période 2017-2019 devrait constituer une période charnière avec l’entrée dans «une phase structurelle de sorties nettes», selon Fact & Figures. Le cabinet de conseil en stratégie et en management estime par ailleurs que le taux moyen servi aux épargnants devrait toucher un point bas en 2018.
«Le taux de charge de prestations a globalement évolué ces vingt dernières années dans un tunnel de 7% à 8% de la masse des encours», pointe Cyrille Chartier-Kastler, le président de Facts & Figures. La masse d’encours est devenue tellement importante qu’un pourcentage induit ipso facto des sorties supérieures à la collecte. Mais il ne faut pas y voir un désintérêt des Français pour l’assurance vie».
Les encours ont augmenté de 48 milliards d’euros en 2016 et le cabinet estime qu’ils seraient sur une dynamique de croissance d’environ 56 milliards par an, dont environ 25 milliards proviendraient de la seule capitalisation des intérêts. Dans le même temps, le cabinet constate que la collecte brute se heurte à un «plafond de verre» d’environ 135 milliards d’euros, alors même que le taux de prestations pourrait encore augmenter du fait du vieillissement des contrats.
Dans les faits, la collecte nette «à date est proche de zéro» depuis le début de l’année, tandis que les charges de prestations ont augmenté de 10% par rapport à 2016. Derrière cette évolution se cachent néanmoins des évolutions contraires qui font dire à Fact & Figures que «2017 est une année de rupture». La collecte brute en euros, très coûteuse en capital sous Solvabilité 2 en raison de la garantie, affiche un recul de 20%, quand celle des unités de compte (UC) progresse de 20%. Outre le souhait des assureurs de pousser ces produits plus rémunérateurs en termes de marge, cette dernière bénéficie aussi de la bonne tenue des marchés financiers. Le contexte de taux bas devrait continuer de travailler en faveur des UC. En prenant comme hypothèse des taux de l’OAT à 10 ans de 0,9% en 2017, 1,2% en 2018 et 1,6% en 2019, Fact & Figures estime que le taux moyen net de frais servi par les contrats en euros devrait chuter de 1,8% à 1,48% entre 2016 et 2017, pour atteindre un point bas de 1,4% l’an prochain.
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