Younited Credit devient la première fintech mise en cause par l’AMF
Younited Credit a commis un péché de jeunesse. L’ex-Prêt d’Union s’est engagé à payer 150.000 euros au Trésor Public, dans le cadre d’un accord de composition administrative conclu le 19 octobre dernier avec l’Autorité des marchés financiers et publié vendredi sur le site du superviseur. Le spécialiste français du crédit à la consommation en peer-to-peer devient ainsi la première fintech mise en cause par l’AMF.
Celle-ci reproche à Younited Credit de ne pas avoir « procédé à une catégorisation rigoureuse d’une partie de sa clientèle » et d’avoir « commercialisé des parts de FCT (fonds commun de titrisation investis dans des créances, ndlr) auprès de clients non professionnels qui n’étaient pas nécessairement en mesure de prendre leurs décisions d’investissement en pleine connaissance de cause ». Il découle du premier grief que la société aurait dû « élaborer un prospectus soumis au visa de l’AMF ». Le superviseur juge aussi que le prestataire de services d’investissement n’a pas toujours présenté « une information au contenu clair, exact et non trompeur », notamment par courriel ou téléphone, sur son site internet ou via des interventions médiatiques.
L’AMF précise enfin que les agissements de Younited Credit l’ont mis «en contradiction avec l’agrément qui lui a été délivré par l’ACPR». L’établissement de crédit précise à L’Agefi que l’Autorité de contrôle prudentiel et de résolution n’a pas ouvert de procédure de sanction à son encontre. Le superviseur bancaire n’a pas souhaité faire de commentaire.
Les 292 clients mal catégorisés représentaient 2% de l’encours ou 3 millions d’euros, assure Younited Credit qui revendique 250 millions d’encours de créances, dont 200 via des FCT grand public et institutionnels gérés par Eurotitrisation. «Les entrées en relation concernées remontent à la période mi-2014 à mi-2015 et nous avons mis en place des actions de remédiation dès juillet 2015, un mois après le début de la mission de contrôle et plus d’un an avant notre accord de conciliation», ajoute Geoffroy Guigou, directeur général de la société. Celle-ci emploie désormais une centaine de personnes, dont cinq chargées des risques et de la conformité.
Younited Credit a accordé l’an dernier 200 millions d’euros de crédits en France et en Italie. Depuis ses débuts en 2010, elle a levé 63 millions de fonds propres, auprès notamment du Crédit Mutuel Arkéa et d’Eurazeo Croissance.
Plus d'articles du même thème
-
Permira s'apprête à céder BioCatch à Visa pour 2,4 milliards de dollars
Le fonds de capital-investissement cède, aux côtés d'autres actionnaires, sa participation dans la société israélienne spécialisée dans la détection de la fraude en ligne par biométrie comportementale. -
Londres dévoile sa base de données consolidée sur les actions
La Financial Conduct Authority a publié le 31 juillet une consultation sur son projet de «consolidated tape», destiné à accroître la transparence et l'attractivité du marché des actions britanniques. -
Les défauts publicitaires des sociétés de gestion sont détectés par l’IA en Espagne
L'intelligence artificielle, utilisée par le régulateur espagnol, a permis de détecter des irrégularités chez dix sociétés de gestion.
ETF à la Une
First Trust et Global X ETFs rejoignent la course aux ETF spatiaux
- La Société Générale affiche une forme olympique avant un nouveau plan à trois ans
- Les investisseurs troquent leurs carrés Hermès contre des sacs Gucci
- La Société Générale augmente sa cible de rentabilité et va racheter 1,5 milliard d'euros d'actions
- L’IA irrigue la croissance des entreprises du CAC 40
- Citadel vole au secours d'un concurrent mis au tapis par la correction de la tech
Contenu de nos partenaires
-
Résultats trimestriels de SpaceX : l'heure de vérité pour Elon Musk
SpaceX dévoile ses premiers résultats trimestriels en Bourse mardi soir, alors que sa valeur a dévissé de moitié en deux mois. Elon Musk devra rassurer face à une dette colossale et des ambitions galactiques -
Deux salles, deux ambiancesCrise de Ceuta : le Maroc au défi de sa réalité sociale
Le royaume multiplie les grands événements et projets d'infrastructure, projetant une image de pays émergent. Son incontestable développement économique reste cependant profondément inégalitaire -
EditoPrésidentielle 2027 et ingérences russes : l'école, premier rempart de la démocratie face aux deepfakes
Après les algorithmes et les réseaux sociaux, le scrutin de 2027 sera le premier à l’heure de l’IA générative. Même si les précédentes campagnes connurent leur lot d’intox et d’infox, pour celle-ci, il va falloir plus que jamais trier le vrai du faux, se méfier d’éléments d’informations avérés mais… manipulés