Orange cherche à devenir une banque en Afrique
Les ambitions bancaires d’Orange ne revêtent pas du tout les mêmes enjeux en Europe et en Afrique. Tandis que le numéro un français des télécoms vient de lancer dans l’Hexagone sa banque mobile Orange Bank, sa présence dans les services financiers remonte à 2008 en Afrique. A cette époque, il lançait en Côte-d’Ivoire un service de paiement et de transfert d’argent par téléphone, Orange Money. Cette offre est désormais présente dans 17 pays d’Afrique et du Moyen-Orient. Elle compte 34,6 millions de clients dont 10,7 millions actifs. Et l’objectif de départ, fournir des services basiques dans des économies très peu bancarisées, évolue.
«Désormais, la question est effectivement d’arriver à remonter la chaîne de valeur dans le domaine des services financiers», déclare le PDG d’Orange Stéphane Richard dans une interview donnée à l’hebdomadaire Jeune Afrique du 19 novembre. Orange Money va donc accomplir une mutation réglementaire pour «devenir une banque de plein exercice» dans ses grands pays, comme en Côte d’Ivoire. «Cela se fera soit par un développement organique, soit par des acquisitions d’établissements bancaires, précise le dirigeant. À coup sûr, Orange aura une banque en Afrique dans les deux ans».
Cette licence bancaire est en fait apparue vitale en début d’année, lorsque que la nouvelle activité de croissance d’Orange Money a été stoppée net : le transfert d’argent à l’international. En mars 2016, Orange Money a obtenu un agrément d’établissement de monnaie électronique (EME) au Sénégal, au Mali et en Côte-d’Ivoire. Fort de cette licence, il a lancé en juin 2016 une offre de transfert d’argent depuis la France vers ces trois pays. Il souhaitait ainsi faire sa place sur un gigantesque marché où s’affrontent des acteurs comme Western Union, MoneyGram ou WorldRemit.
Mais en février dernier, la Banque centrale des États d’Afrique de l’Ouest (BCEAO) lui a ordonné d’arrêter, soulignant qu’il avait mal interprété la réglementation : il faut une licence bancaire pour exercer cette activité. Le service Orange Money Transfert International reste néanmoins disponible entre le Sénégal, le Mali et la Côte-d’Ivoire, où il a été lancé en juillet 2013.
Outre cette ambition contrariée, Orange souhaite aussi progressivement offrir du crédit, en partant du «pico- et du microcrédit, sans doute avec des partenaires, indique Stéphane Richard à Jeune Afrique. Mais c’est incontournable, si nous voulons devenir une banque».
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