Dossier Microfinance

Le marché très porteur de la banque mobile

le 09/05/2013 L'AGEFI Hebdo

En quelques années, le « mobile banking » s’est imposé comme un levier d’inclusion financière et de bancarisation.

Application BNP Paribas sur Iphone. Photo: PHB

Il y aurait actuellement dans le monde 4,5 milliards de personnes non bancarisées, et parmi elles, 2 milliards posséderaient un téléphone portable. C'est donc tout naturellement que les opérateurs de téléphonie mobile ont été les premiers à se positionner sur le marché du mobile banking qui vise à offrir aux détenteurs de téléphone portable des services financiers comme le transfert, le retrait ou le dépôt d’argent. Dans la foulée de M-Pesa, le service de banque mobile lancé par Safaricom en 2007 au Kenya aujourd’hui utilisé par 17 millions de clients actifs, et qui représenterait à lui seul 70 % des transactions de mobile banking dans le monde, d’autres opérateurs prennent position. C’est le cas d’Orange Money qui a d’ores et déjà conquis 6 millions de clients dans 14 pays. Orange Money fonctionne comme un compte sécurisé sur lequel les clients peuvent déposer et retirer de l'argent. Le service permet également d'effectuer des transferts d'argent domestiques, de payer ses fournisseurs à distance, de rembourser une échéance de prêt en microcrédit... « Via Orange Money, nous proposons aussi des services financiers comme l'assurance, complète Frédéric Bléhaut, directeur d'Orange Money pour la zone Afrique Moyen-Orient et Asie. En sachant que tous ces services sont proposés en partenariat avec des banques qui assurent l'émission de la monnaie électronique et la conformité avec le cadre réglementaire en vigueur. »

Le groupe Société Générale s’est lui aussi positionné sur ce marché en lançant Yoban’tel début 2011 au Sénégal. « Grâce à ce service, nos clients peuvent se rendre dans n'importe quelle agence de Société Générale de Banques au Sénégal (SGBS) et chez les distributeurs partenaires pour y déposer ou y retirer gratuitement de l'argent, explique Laurence Lallemand, responsable du multicanal à la division banque de détail à l'international. Ils peuvent aussi payer des factures et effectuer des transferts d’argent depuis leur mobile, et se servir de leur compte Yoban’tel comme d'une tirelire pour y placer de l'argent. » Depuis peu, les clients ont aussi la possibilité de faire des retraits dans tous les DAB (distributeurs automatiques) de SGBS et de recevoir de l'argent depuis l'étranger. Yoban’tel sera aussi l’instrument d’une nouvelle offre bancaire au Sénégal, Manko, lancée le 2 mai par le groupe. Manko vise à être un maillon entre la banque traditionnelle et la microfinance.

Un modèle très rémunérateur

Le modèle économique mis en place par les opérateurs se révèle très rémunérateur. Sur Orange Money, l'inscription et la gestion des comptes sont gratuites, les transferts d'argents, les factures payées et les retraits sont payants... « Grâce à ce modèle, nous enregistrons une forte croissance de nos revenus, confie Frédéric Bléhaut. Le revenu moyen par utilisateur généré par un client Orange Money est en effet 30 % plus élevé que celui d’un client mobile traditionnel. » Des résultats qui encouragent Orange Money à accélérer ses déploiements afin de couvrir tous les pays d'Afrique avant la fin de l'année. De son côté, Société Générale mise sur le mobile banking pour conquérir de nouveaux clients. « Et cela fonctionne puisque le nombre d'abonnés à Yoban’tel est déjà très largement supérieur au nombre de clients particuliers que nous possédons au Sénégal », souligne Laurence Lallemand. Fort de ces premiers résultats encourageants, Société Générale s’apprête à lancer Yoban’tel au Cameroun au printemps. « Dans les pays où nous sommes moins présents, nous recherchons des partenariats avec des opérateurs locaux de téléphonie mobile, comme nous venons de le faire à Madagascar avec Telma. L'objectif étant de développer des stratégies gagnant-gagnant », conclut Laurence Lallemand.

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